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2020-12-13 | Readers 354 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

La sourate al-Fîl (l’éléphant (105) (2)


Sourate al-Fîl (105) (2)  

L’Eléphant- الفيل

بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيم،

أَلَمْ تَرَ كَيْفَ فَعَلَ رَبُّكَ بِأَصْحَابِ الْفِيلِ (1) أَلَمْ يَجْعَلْ كَيْدَهُمْ فِي تَضْلِيلٍ (2)

وَأَرْسَلَ عَلَيْهِمْ طَيْرًا أَبَابِيلَ (3) تَرْمِيهِم بِحِجَارَةٍ مِّن سِجِّيلٍ (4)

فَجَعَلَهُمْ كَعَصْفٍ مَّأْكُولٍ (5)

Par le Nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux,

N'as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi envers les gens de l'éléphant ? (1)

N'a-t-Il pas rendu leur ruse dans un égarement ? (2)

Et Il a envoyé sur/contre eux des oiseaux par volées (3)

qui les assaillirent avec des pierres d'argile (4)

Il les a ainsi rendus comme une paille mâchée ? (5)

Reprise de la sourate en nous aidant de l’explication des mots de sayyed Hassan al-Mustafawî dans son « Tahqîq fî kalimât al-Qurân al-karîm » puis de l’interprétation de cette sourate par sayyed TabâTabâ’i dans son « Tafsîr al-Mîzan », sheikh Makârem Shîrâzî dans son « Amthal », docteur Mahmoud Bostani dans son « Tafsîr al-binâ’î lil-Qorân al-karîm », sheikh al-Hawîzî dans son « Tafsîr Nûr ath-Thaqalayn ».

ÉTUDE LEXICALE DE LA SOURATE

w« rabbu-ka » (رَبُّكَ) : nom du verbe (rabba) dont l’idée fondamentale unique est de conduire qqch vers la perfection et lever les manques (par la renonciation et l’enjolivement), de façon substantielle ou accidentelle, au niveau des convictions, des connaissances, des attributs, de la morale, des actes, etc., en ce qui concerne l’être humain, les animaux ou les plantes, en toute chose, en fonction de ce qui amène l’élévation du rang ou le perfectionnement de son importance. Et cette vérité fondamentale est exprimée dans des contextes tantôt de réforme, tantôt de bienfait, de gestion, de direction, de complément, de perfectionnement. Tous ces sens sont des corroborations du sens véritable. Ce mot est la plupart du temps traduit par « Seigneur ». Ainsi, nous voilà renseignés sur la raison de l’emploi du mot (rabbu) (Seigneur) pour désigner Dieu.

Mais pourquoi cette spécificité de (ton) Seigneur à l’exclusion des autres [gens] ? N’est-Il pas le Seigneur de tout le monde (comme affirmé dans de nombreux versets du noble Coran (cf. 51/3 Ale ‘Imrân)) ?

w« as’hâb » (أَصْحَابِ) : pl. de (sâhib), le nom agent ou part. actif du verbe (sahaba) dont l’idée fondamentale unique est la compagnie permanente, avec une personne ou autre, selon un programme apparent et/ou intérieur, matériellement ou moralement : compagnons, gens.

w« al-fîl » (الْفِيلِ) : l’éléphant, gros animal, lourd, venant sans doute d’Afrique. Probablement, il y a aussi ici une indication de la provenance de ces « gens/compagnons, du fait de l’emploi du mot (as’hâb).

w« kayda-hum » (كَيْدَ) nom dont l’idée fondamentale unique est la gestion et la réflexion suivies d'un acte en vue de nuire autrui : ruse, + (hum) : leur ruse.

w« tadlîl » (تَضْلِيلٍ) : nom d’action de la 2e f. dérivée du verbe (dalla) dont l’idée fondamentale unique est l’absence de guidance, l’égarement : le fait d’égarer, de rendre égarant.

Mais, que veut dire rendre une ruse dans l’égarement, ou égarant les autres ?

w« tayr » (طَيْرًا) : L’idée fondamentale unique : le mouvement rapide, sans lourdeur, d’animaux ou autre ; de ses corroborations : l’oiseau.

w« abâbîl » (أَبَابِيلَ) : la racine de ce mot est (abila) dont l’idée fondamentale unique est le genre d’un animal décrit comme étant en grand nombre et ayant lourdeur. D’où le sens de ce mot « abâbîl » : les oiseaux par volées (et non pas le nom d’un oiseau).

w« tarmî-him» + « bi » (تَرْمِيهِم) : verbe (ramâ) dont l’idée fondamentale unique est le fait de lancer, jeter, avec une mauvaise intention. Plus général que d’être matériel ou moral.

Pourquoi avoir mis (hum) comme COD et employé la particule (bi) pour indiquer avec quoi ? Est-ce pour mettre en valeur et insister sur l’objectif visé (celui d’assaillir les gens de l’éléphant) ?

w« hijârat » (حِجَارَةٍ) : pl. de (hajar) provenant de (hijir) dont l’idée fondamentale unique est la protection par la limitation ou le fait qu’une chose soit sauvegardée et limitée. Et ce sens peut varier selon le contexte, les corroborations et la forme : ce qui, de par sa solidité, a une nature protégée, limitée : pierres dures.

w« sijjîl » (سِجِّيلٍ) : nom sous une forme exagérée de (sajala) dont l’idée fondamentale unique : le rassemblement et le fait de thésauriser pour laisser tomber et diffuser, matériellement ou moralement, indiquant le rassemblement de ses parties et la force du lancement d’une chose pouvant être d’argile rassemblée, cuite, de neige ou autres, pour indiquer sans doute une sorte de pierre. L’emploi de la particule (bi) est-il pour mettre en évidence les particularités du moyen employé ?

w«‘asf » (عَصْفٍ) : nom d’action de (‘asafa) dont l’idée fondamentale unique est la vitesse avec la vigueur, et ce sens varie selon le contexte : toute chose dans le cours (ou l’ordre) de laquelle il y a violence et rapidité. Ici, il indique la rapidité de l’anéantissement de ces soldats venus attaquer la Ka‘ba, devenus comme de la paille.

w« ma’kûl » (مَّأْكُولٍ) : part. passif du verbe (akala) (dont l’idée fondamentale unique : prendre une chose en entrainant la disparition de sa forme et de ses propriétés, qu’elle soit un être animé ou inanimé) : mangé(e), mâché(e). Ces gens de l’éléphant sont devenus comme de la paille mâchée donnée aux animaux, se terminant en excréments.

COMPLÉMENTS D’INFORMATION

1-Qui étaient les gens de l’éléphant ? A quel évènement fait allusion cette sourate ?

Il est dit que le roi d’Himyar (du Yémen), Abraha al-Ashram, construisit une somptueuse église à Sanâ’ (ou à Najrân à la mémoire des martyrs de Najrân, selon les sources) pour que les Arabes y viennent faire le pèlerinage [à la place de la Ka‘bah à La Mecque qui attirait tout le monde] et ainsi favoriser l’essor économique de la région qu’il dominait. Il est dit qu’il voulait même prendre le contrôle de tout le Hidjâz à partir d’al-Himyâr. N’arrivant pas à détourner les tribus arabes de La Mecque, il décida d’y envoyer une grande armée montée sur des éléphants (1 ?, 8 ?, 10 ?, 12 ?) pour impressionner les habitants de Quraysh et leur faire peur.. avec l’objectif clairement annoncé de détruire la Ka‘bah».(1) Cela montre aussi qu’ils comptaient sur leurs moyens matériels pour l’emporter alors que les croyants comptent sur Dieu Tout-Puissant.

Ses troupes, stationnées près de La Mecque avant de passer à l'attaque, s’emparèrent des troupeaux avoisinants dont celui d’Abd al-Muttalib (le grand père du Prophète(s)) qui était, à cette époque, à la tête de la Mecque et responsable de la Ka‘ba. Abd al-Muttalib se rendit chez Abraha pour récupérer ses chameaux.Abraha descendit de son siège, en voyant la belle stature et le magnifique visage d'Abd al-Muttalib, et le fit asseoir à ses côtés. Il lui dit : « J'ai beaucoup entendu parler de toi et maintenant je voudrais savoir ce que tu veux. Mais tu ne pourras pas changer ma décision de détruire la Ka‘ba ».

Ce dernier lui dit qu’il voulait récupérer ses chameaux. Abraha fut tout surpris : « Tu te préoccupes de tes deux cents chameaux, mais pas de la Ka‘ba qui est sacrée pour vous ? » Abd al-Muttalib lui répondit : « Je suis le seigneur des chameaux et la Ka‘ba a un Seigneur pour la protéger et la défendre»

Selon les versions, ou bien les gens de Quraysh s’enfuirent dans les montagnes ou bien ils les gravirent à la demande d’Abd al-Muttalib pour leur faire voir que c’était son Dieu, Un, Unique qui allait défendre Sa Maison. Le lendemain, alors qu’Abraha s’apprêtait à passer à l’attaque avec son armée, des nuées d’oiseaux arrivèrent du côté de la mer (Rouge) et les assaillirent en jetant des pierres brûlantes sur eux. Ils furent tous exterminés. Abraha mourut soit sur place soit à son retour à Sanâ’.(2)

 Avez-vous su qui était en fait cet Abraha ? Retrouvez-le notamment dans l’article « Les premiers chrétiens dans le sud de la péninsule arabique » dans les No 98 & 99 de la revue L.S.. De même profitez de ces deux mois pour relire ce que représente la Ka‘ba, la Maison de Dieu (cf. notamment les No 4 & 43 & 88 & 104), en attendant de lire les réponses aux questions posées et à d’autres, et n’oubliez pas de retenir par cœur ces nouveaux mots vus ci-dessus et de relire la sourate en arabe en se référant au vocabulaire ainsi vu, avant de tourner la page. Peut-être que d’autres questions vous viendront à l’esprit.

(1)al-Qurân da‘wat nasrâniyyah du professeur al-Hadâd, pp248-249

(2)Voilà en résumé ce qui est rapporté dans les livres d’interprétation de la sourate en référence à des livres d’histoire, les avis divergeant beaucoup sur les détails de cette histoire. Et quel que soit le prétexte ou le motif évoqué à l’origine de cette expédition, son objectif était le même, clairement annoncé : celui de détruire la Ka‘ba.

www.lumieres-spirituelles.net     No107 – Jumâdî I & II 1442 – Déc.-Janvier-Fév. 2021


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