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2026-10-08 | Readers 14 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

« Cherchez l’aide de la patience et de la prière »


« Cherchez l’aide de la patience et de la prière »

(sayyida Mardiyyah Dabbâgh*)

Ils l’ont arrêtée… alors qu’elle était à table avec ses enfants.. Sa petite fille ouvrit la porte et dit à sa mère : « Maman ! Il y a un homme à la porte, du nom de Parûz, qui veut te parler. »

Elle sut tout de suite qu’il s’agissait des gens de la Sécurité du Shah et qu’ils étaient venus pour l’arrêter. Elle sortit de la maison.. les enfants la regardaient avec inquiétude.. Elle embrassa le visage de sa fille et lui dit : « Je vais revenir rapidement ». Elle disait cela mais elle savait très bien que peut-être… elle ne reviendrait jamais…

Dès leur arrivée à la porte de la maison, la torture commença : ils l’emmenèrent et voulurent la faire s’asseoir entre deux hommes dans la voiture. Elle leur dit : « Je ne m’assiérai jamais entre deux hommes « étrangers », même si vous me tuez .. »

Elle se dit que peut-être ces gens de la sécurité du Shah (as-Savak) ne savaient rien sur elle. Aussi dit-elle dans la voiture : « Posez-moi rapidement vos questions.. Il faut que je rentre rapidement à la maison.. mes enfants m’attendent.. et n’ont pas encore dîné… » Mais, au fond d’elle-même, elle savait que s’ils étaient venus pour l’arrêter, c’est qu’ils savaient beaucoup de choses sur elle et qu’ils la connaissaient bien.

 

Dans la prison, ils lui prirent son manteau (tchador) et son foulard.. sous le prétexte que peut-être elle pourrait se faire du mal avec.. Mais elle ne pouvait accepter d’être sans foulard dans la prison : elle se couvrit les cheveux avec une couverture de la prison.

Ils la frappaient à mort tous les jours.. Ils voulaient connaître le nom des partisans de l’imam al-Khomeynî(qs) mais elle ne disait rien… Elle était prête au martyre.. Elle supporta toutes les sortes de tortures. Ils la torturaient avec de l’électricité, éteignaient des cigares sur son corps.. lui donnaient des coups de pied… Malgré tout cela, elle restait silencieuse..

 

Jusqu’à cette nuit où ils ouvrirent la porte de sa cellule et qu’elle vit sa fille Rezvanehde 14 ans … Elle ne pouvait pas le croire.. N’ayant pas réussi à lui soutirer des informations sous la torture, ils avaient arrêté sa fille en pensant qu’elle parlerait peut-être en voyant sa fille entre leurs mains.. Mais elle ne rompit pas son silence..

Ils se moquaient d’elles deux tous les jours, la mère se couvrant de la couverture avec sa fille.. Ils se moquaient d’elles et leur disaient : « Où il est votre Khomeynî maintenant pour vous sauver de cette prison ? » Et elle leur criait : « Même si vous nous tuez mille fois, toute ma vie est en rançon pour al-Khomeynî ! »

 

Une nuit, ils ouvrirent la cellule et prirent la fille. Ils la torturèrent toute la nuit et la ramenèrent au matin peu de temps avant l’adhân. Ils avaient ouvert brutalement la porte de la sombre cellule et l’avaient jetée au sol, comme morte. Elle ne respirait plus. [Les codétenues] versèrent beaucoup d’eau sur elle. Mais ses yeux ne s’ouvraient pas.

Elle se mit à frapper sur la porte de la cellule, tenant sa fille dans les bras avec force.. Elle hurlait de douleur.. Soudain, elle entendit une voix triste venir d’une autre cellule.. Un des combattants récitait d’une belle voix : « {Cherchez l’aide de la patience et de la prière}(45/2 al-Baqara)» pour tranquilliser son cœur.. 

 

Peu de temps après, ils prirent la fille de la couverture.. elle croyait qu’elle était morte…

Seize jours plus tard, ils ouvrirent la porte de la cellule.. et sa fille entra dans la cellule.. Pendant tout ce temps, elle avait été soignée à l’hôpital de l’armée…

Après une détention de deux ans et des séances de torture incessantes, ils la libérèrent agonisante en 1973, n’ayant rien réussi à obtenir d’elle. Après des soins intensifs et une opération chirurgicale, elle retourna à la maison. Mais elle se fit arrêter une seconde fois. A sa libération, elle quitta Téhéran avec l’aide du martyr sheikh Muhammed Montazari, laissant derrière elle ses huit enfants pendant son exil forcé. Mardiyyah Hadidjî (connue sous le nom de « Tâhira Dabbâgh » (La pure Dabbâgh) du nom de son mari) avait été une grande dame combattante au sein de la révolution islamique d’Iran.

*Cf . L.S. No113 pp30-31, « Sayyida Mardiyya (1939-2016)», un article sur sa vie, publié à l’occasion du « Jour mondial de la femme ».

www.lumieres-spirituelles.net     No143 – Jumâdî I & II 1448H – Oct.-Novembre-Déc. 2026


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