1. La Prière
  2. L’invocation
  3. Le Coran
  4. L’Imam al-Mahdî(qa)
  5. Connaître Dieu
  6. La Voie de l’Éloquence
  7. Spiritualité des Infaillibles(p)
  8. L’Au-delà
  9. Méditer sur l’Actualité
  10. Le Bon Geste
  11. Des états spirituels
  12. La Bonne Action
  13. Exemples des grands savants
  14. Les Lieux Saints
  15. Notre Santé morale
  16. Notre Santé physique
  17. Notre Nourriture
  18. Expces Spirituelles des autres
  19. Le Courrier du lecteur
  20. Le Livre du Mois
  21. La Femme dans l'Islam
  22. Entretiens
  23. Éditorial
  24. Divers
  25. Éduquer nos enfants
2020-12-13 | Readers 399 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Connaître Dieu à partir de l'invocation « al-Bahâ’ » (2)


La connaissance de Dieu à partir de la fameuse invocation

« Du‘â’ al-Bahâ’ » (2)

اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ مِنْ بَهائِكَ بِأَبْهاهُ وَكُلُّ بَهائِكَ بَهِيٌّ اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ بِبَهائِكَ كُلِّهِ

Allâhumma, innî as’aluka min bahâ’ika bi-abhâhu wa kullu bahâ’ika bahiyyunn.
Allâhumma, innî as’aluka bi-bahâ’ika kullihi

Mon Dieu, moi je Te demande par la plus splendide de Ta Splendeur,

et toute Ta Splendeur est splendide ;

 mon Dieu, moi, je Te demande par Ta Splendeur tout entière.(1)

Après le commentaire de « Allâhumma », l’Imam al-Khomeynî(qs) va procéder au commentaire du mot suivant « innî ».

 « Innî » : pronom personnel séparé de la première personne du singulier, d’habitude d’insistance en tant qu’en arabe, le pronom personnel sujet d’un verbe n’est pas en général cité : moi.

{Invoquez-Moi, Je vous répondrai.} (60/40 Ghâfir) Dieu nous demande de L’invoquer, de Le solliciter. Mais que représente ici ce « moi » qui demande à Dieu ? Le « moi », l’ego renvoyant à l’égoïsme ? L’Imam(qs) dit qu’il n’est pas possible qu’il s’agisse de cet « ego » qui demande à Dieu :

Le « innî » n’est pas, en vérité, une affirmation de l’ego, dans le sens de nier la demande, de ne pas reconnaître le manque et d’affirmer sa suffisance.

Mais cette affirmation du « je » se situe dans la station de l’humiliation devant Dieu, dans la station de faire apparaître le manque devant Dieu [de le reconnaître devant Lui] – ce qui n’est pas blâmable dans cette station –. Ce n’est en aucun cas une affirmation de l’ego, comme dans le verset {Ô vous les gens, vous (antum) êtes les pauvres de Dieu.}(15/35tir).

Même ! Elle est une sauvegarde de la station d’assujettissement [à Dieu] et de l’orientation vers la pauvreté et le manque, quand la personne est dans la seconde lucidité (sahû) qui est parmi le rang humain le plus complet. Ce qui est indiqué par la parole du Messager de Dieu(s) selon ce qui a été raconté : « Mon frère Moussa était aveugle de l’œil droit et mon frère ‘Issâ était aveugle de l’œil gauche et moi j’ai les deux yeux. » 

C’est que la sauvegarde de la station de la multiplicité dans l’Unité et celle de l’Unité dans la multiplicité n’a été possible pour aucun des Prophètes et Messagers sauf pour le Sceau d’entre eux, par fondamentalité, et pour ses Légataires, par allégeance (que Dieu prie sur lui et sur eux tous).(2)

(1)Cf. Mafâtîh al-Jinân, in 2e partie, mois de Ramadan, p629.

(2)Sharh du‘â’ as-sahr de l’imam al-Khomeynî(qs), Mu’assassat al-a‘lamî p12.

www.lumieres-spirituelles.net     No107 – Jumâdî I & II 1442 – Déc.-Janvier-Fév. 2021

Explications de la du‘â’ al-Bahâ’ (2)

†L’imam al-Khomeynî(qs) continue son commentaire de l’invocation al-Bahâ’ en prenant en considération le mot « innî ». Mettre en avant le « innî » (le moi), n’est-ce pas affirmer son ego face à Dieu ?

Non ! Au contraire ! L’imam affirme qu’il s’agit ici d’une situation de reconnaissance de ses manques et de son besoin de Dieu. C’est pourquoi cette affirmation n’est pas quelque chose de blâmable. Même ! Elle peut être une sauvegarde de la station d’assujettissement dans des situations ultérieures dans le cheminement vers Dieu, notamment dans la station du « sahû » (traduit par les gnostiques par celle de la « lucidité »)

†Donc deux points à relever : 1-Cette affirmation du « moi » n’est pas blâmable dans une telle situation, à la différence du fait de donner des noms à de pseudo divinités. Cf. {Ce ne sont que des noms que vous avez donnés, vous et vos ancêtres}(23/53 an-Najm). Ce qui contredit cette soumission de l’assujettissement à Dieu est d’inventer des noms à de fausses divinités.

†2-Cette affirmation est même une sauvegarde de la station d’assujettissement lors de la « seconde lucidité » (allusion à une étape suprême de l’être humain que l’être humain peut atteindre dans son cheminement vers Dieu et sa gradation vers Lui).

†L’imam(qs) fait donc allusion à deux sortes « d’effacement » (mahû) de l’être humain en Dieu dans le cheminement vers Dieu et à deux sortes de « lucidité » (sahû). S’il s’est réveillé de la première sorte « d’effacement » (la « première lucidité ») et a continué son cheminement il est, alors, dans la station du retour au monde de la multiplicité et se réalise le second « effacement » (mahû). S’il s’en réveille c’est alors la « seconde lucidité ».

†Cette station de la « seconde lucidité », le grand philosophe Sadr Muta’lihîna, al-Molla Sadra, l’a appelée le 4e Voyage dans ses « Quatre voyages », c’est-à-dire le « Voyage par la création en Dieu vers Dieu », qui est l’étape la plus complète, la plus achevée de l’être humain.

†L’imam(qs) cite alors une parole du Messager de Dieu(s) avec une petite réserve (« selon ce qui a été raconté »). Sans doute parce que qualifier un Prophète d’être aveugle d’un œil peut être considéré comme un mauvais comportement. Cependant l’imam(qs) se réfère ici au sens contenu dans ce propos en allusion à la différence des législations et des méthodes des Prophètes(p) (et non pas à leurs personnes elles-mêmes).

†Ainsi ce qui est visé dans ce qui a été dit, sur le fait :

–que le Prophète Moussa(p) était aveugle de l’œil droit : sa législation considérait davantage la multiplicité apparente du monde, les côtés détaillés de la législation, dans le but de le réformer et de le construire.

–que le Prophète ‘Issa(p) était aveugle de l’œil gauche : sa législation considérait davantage le côté de l’Unité et de l’Unicité et l’évanescence en Dieu, le voyage vers Dieu et négligeait la multiplicité apparente de ce monde, dans le but d’encourager au détachement de ce monde, à son abandon.

–que le Messager le plus noble(s) avait les deux yeux (c’est-à-dire qu’il(s) voyait des deux yeux) : il(s) regardait d’un œil le monde (de la multiplicité, autre que Dieu, selon l’apparence) pour le réformer et de l’autre, il(s) regardait aussi Dieu (qu’Il soit Exalté), l’évanescence en Lui et l’Unicité. Ainsi, à la fois, il encourageait à la réforme de ce monde (comme par exemple, il(s) encourageait au mariage) en même temps il encourageait à la construction de l’Autre Monde et à la recherche d’« états » auprès de Dieu et donc au non-attachement à ce monde. Sa législation était la plus complète, pouvant construire les deux mondes et réaliser les deux objectifs : celui de la réforme de la terre et celui du retour de ce qui est autre [que Dieu] et du monde de la multiplicité [apparente] vers l’Unicité.

†Cette station de la « seconde lucidité », les Prophètes et les Messagers, comme les Prophètes Moussa(p) et ‘Issâ(p), n’auraient pas pu l’atteindre, bien qu’ils(p) aient tous une station élevée auprès de Dieu Tout-Puissant. Seul le Prophète Mohammed(s), le sceau de la Prophétie, l’aurait atteinte, de façon fondamentale. Et par allégeance, ses Légataires(p), les Imams purs de sa descendance.

www.lumieres-spirituelles.net     No107 – Jumâdî I & II 1442 – Déc.-Janvier-Fév. 2021


Articles précédents:

1442 (2020-2021)

1441 (2019-2020)

1440 (2018-2019)

1439 (2017-2018)

1438 (2016-2017)

1437 (2015-2016)

1436 (2014-2015)

1435 (2013-2014)

1434 (2012-2013)

1433 (2011-2012)

1432 (2010-2011)

1431 (2009-2010)

1430 (2008-2009)