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2020-12-13 | Readers 240 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Notre relation avec les biens/argent-Prelude (3)


Notre relation avec les biens/argent

Prélude (3)

Nous continuons de voir l’approche islamique des biens/argent (al-mâl).

« Sache que les biens/argent sont comme le serpent dans lequel il y a, à la fois du poison et un contrepoison (thériaque), c’est-à-dire un côté bénéfique et un côté maléfique, néfaste.

1)Son côté bénéfique (le côté contrepoison, thériaque)

(Bien sûr en considérant qu’il a été gagné de façon licite)

-En ce monde, il est un moyen pour subvenir aux besoins et les satisfaire.

-Et par rapport à l’Au-delà (en tenant compte de la religion, et aussi des effets en ce monde), il permet

 d’effectuer certains actes d’adoration (comme le Hajj, le Jihâd dont les pauvres sont dispensés s’ils n’en ont pas les moyens) ;

 d’aider les autres, par l’aumône (dans le sens large, placé au bon endroit, à bon escient, que ce soit dans un livre diffusant de justes idées, dans des moyens de production faisant vivre autrui..etc.) ;

 de réaliser un bien général (comme la construction d’une mosquée, d’un hôpital, de routes..etc).

Le Messager de Dieu(s), interrogé sur les biens/argent, dit : « Oui ! l’argent vertueux pour l’homme vertueux ! » En même temps, il(s) disait : « Il s’en est fallu de peu que la pauvreté ne soit une incroyance ! »

(cités par al-Mahajjah al-Baydâ’ d’al-Fayd al-Kâshânî vol.6 p44)

2)Son côté néfaste (le côté poison)

-en ce monde, en tant que l’argent pousse à la facilité, aux plaisirs de ce monde (même licites) puis aux péchés, aux actes de désobéissance – surtout si la personne a tendance à suivre ses instincts/passions (shahwâniyyah) – en tant qu’il procure des moyens de faire des péchés qu’elle ne pourrait pas faire si elle n’avait pas d’argent.

-Et par rapport à l’Au-delà, il pousse à la distraction et à l’éloignement de Dieu. »

Il est rapporté du Prophète ‘Issâ(p) :

« Dans les biens/argent (al-mâl), il y a 3 vices :

1)que la[personne] le prenne de façon illicite ; »

– Quelqu’un dit : « Et si elle le prend de façon licite ? »

2)« qu’elle le dépose dans un endroit qui ne soit pas juste ; »

– Quelqu’un dit : « Et si elle le dépose au bon endroit ? »

3)« qu’elle soit occupée à l’arranger [à le bonifier], loin de Dieu. »

(cité par al-Mahajjah al-Baydâ’ vol.6 p49)

 (al-Mahajjah al-Baydâ’ d’al-Fayd al-Kâshânî vol.6 pp46-49)

3)Comment éviter le côté poison des biens/argent ?

a)Connaître le but des biens/argent

ºne chercher à gagner l’argent qu’à la limite de ses besoins

ºne chercher à le garder que selon ses besoins

ºne pas lui donner plus d’importance qu’il ne mérite.

b)Veiller à la façon de gagner ces biens/argent

ºde façon licite

ºéviter tout gain illicite, de façon claire ou de façon mélangée (comme le bien d’un sultan injuste ou les « pots de vin », ou tout ce qui peut être un moyen de corruption ou d’abaissement).

c)Connaître la quantité de ce qui est gagné, c’est-à-dire ses réels besoins

ºne pas le multiplier en surplus [des besoins] ni le [diminuer] au-dessous d’eux [des besoins], mais selon ses besoins (logement, nourriture, vêtement), avec des degrés.

d)Veiller à la façon dont il est dépensé

ºsans gaspillage

ºni rétention, avarice.

{qui [les serviteurs du Miséricordieux], lorsqu’ils dépensent, ne sont ni prodigues ni avares, mais se tiennent au juste milieu.}(67/25 al-Furqân)

C’est-à-dire, placer ce qui a été gagné de façon licite, au juste droit, et non pas de façon injuste. Le péché est dans le fait de le prendre de façon injuste et de le déposer de façon injuste.

e)Veiller à réformer son intention dans le gain et l’abandon, la dépense et la rétention

ºprendre ce qui est pris pour l’utiliser dans des actes d’adoration ;

ºlaisser ce qui est laissé, par ascétisme (détachement) vis-à-vis de cette chose et par mépris pour elle.

Si on agit ainsi, alors la présence de l’argent ne nuit pas.

Le Prince des croyants(p) dit : « Si un homme a pris l’ensemble de ce qu’il y a sur terre et veut par cela la Face de Dieu, alors il est un ascète. Et s’il laisse l’ensemble et ne veut pas par cela la Face de Dieu, alors il n’est pas un ascète. »

Ainsi, si une personne veut que tous ses mouvements et son repos soient pour Dieu, elle doit veiller à ce qu’ils soient limités à Dieu, aux actes d’adoration ou à ce qui aide aux actes d’adoration (comme le fait de manger, de s’habiller, même de se reposer). Alors elle prend le bon côté du serpent, son thériaque ou contrepoison. 

 (al-Mahajjah al-Baydâ’ d’al-Fayd al-Kâshânî vol.6 pp90-91

repris par Jama‘at as-sa‘âdât de sh. Narâqî, vol.2 pp307-308)

Le croyant doit chercher à se rapprocher de Dieu dans tout ce qu’il fait, de façon à ce que tous ses actes soient des actes d’adoration de Dieu.

Il est rapporté de l’Imam as-Sâdeq(p) : « Une richesse qui t’empêche l’injustice est meilleure qu’une pauvreté qui te pousse au péché. »(Wasâ’il ash-Shî‘at, vol.12 p16)

Une personne dit à l’Imam as-Sâdeq(p) : « Par Dieu, nous demandons ad-Dunia [notamment, l’argent] et nous aimons qu’Il nous le donne ! » Il(p) [L’Imam] lui demanda : « Qu’aimez-vous en faire ? » Elle répondit : « Pour l’utiliser pour moi, ma famille, pour le donner en aumône ou aller au Hajj.. » Abû Abdallah(p) [L’Imam] dit alors : « Cela n’est pas la demande d’ad-Dunia, mais celle de l’Au-delà ! »(Wasâ’il ash-Shî‘at, vol.12 p19 H3)

Tout cela évoque les conditions ou les circonstances dans lesquelles les dons matériels de ce monde apparaissent comme une bonne chose.

Mais s’ils sont utilisés dans la voie des péchés, de l’avidité, de l’accumulation, sans tenir compte de la licéité, même pour satisfaire les instincts/passions matériels, animaux, alors ils apparaissent comme une mauvaise chose et l’attachement à eux est à l’origine d’un ensemble de vices.

Il est rapporté de l’Imam ar-Ridâ(p) : « Les biens/argent (al-mâl) ne se joignent qu’à cinq attributs :

1-une forte avarice ;

2-un long espoir (se dire que l’on a le temps) ;

3-une avidité dominante ;

4-une coupure des liens de parenté ;

5-la préférence de ce monde à l’Au-delà. »(Wasâ’il ash-Shî‘at, vol.12 p19 H4)

(Al-Akhlâq fî-l-Qurân de sh. Makârem ash-Shîrâzî vol.2 pp101-102)

C’est pourquoi le Messager de Dieu(s) demandait à Dieu (qu’Il soit Glorifié) : « Mon Dieu, rends les vivres de la famille de Mohammed suffisants (kafâfann, c’est-à-dire le strict nécessaire) » et demandait pour lui-même(s) : « Fais-moi vivre pauvre et fais-moi mourir pauvre. »

(al-Mahajjah al-Baydâ’ d’al-Fayd al-Kâshânî vol.6 pp40-46)

www.lumieres-spirituelles.net     No107  - Jumâdî I & II 1442 – Janvier-Février-Mars 2021


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