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2021-08-08 | Readers 388 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Ayat al-Mubâhala (61/3 Ale ‘Imrân) (3) -Le verset du « Mubâhala »- المباهلة


Ayatal-Mubâhala (61/3 Ale ‘Imrân) (3)

-Le verset du « Mubâhala »- المباهلة

بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيم،

Bi-smi-llâhi ar-Rahmâni ar-Rahîm

Par le Nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux,

فَمَنْ حَآجَّكَ فِيهِ مِن بَعْدِ مَا جَاءَكَ مِنَ الْعِلْمِ

Fa-man hâjja-ka fî-hi min ba‘di mâ jâ’aka mina-l-‘ilmi

Alors, [à] celui qui a argumenté contre toi à son propos, après ce qui te fut parvenu du savoir,

فَقُلْ تَعَالَوْاْ نَدْعُ أَبْنَاءَنَا وَأَبْنَاءَكُمْ وَنِسَاءَنَا وَنِسَاءَكُمْ وَأَنفُسَنَا وأَنفُسَكُمْثُمَّنَبْتَهِلْفَنَجْعَل لَّعْنَتَ اللّهِ عَلَى الْكَاذِبِينَ

Fa-qul ta‘âlû nad‘u abnâ’a-nâ wa abnâ’a-kum wa nisâ’a-nâ wa nisâ’a-kum wa anfusa-nâ wa

anfusa-kum thumma nabtahil fa-naj‘al la‘anata-llâhi ‘alâ-l-kâdhibîna

dis : « Venez, appelons nos fils et vos fils, nos femmes et vos femmes, nos propres personnes et vos propres personnes, puis délaissons [nos âmes vers Dieu]

et plaçons alors la Malédiction de Dieu sur les menteurs ».

Reprise du verset en nous aidant des interprétations de ce verset par sayyed TabâTabâ’i dans « al-Mîzan », sheikh Makârem Shîrâzî dans « al-Amthal », sheikh al-Hawîzî dans son Tafsîr Nûr ath-Thaqalayn et d’Ibn ‘Arabî dans son Tafsîr al-Qurân al-Karîm ».

C/A quel évènement fait référence ce verset coranique ?

ØCe verset coranique fait allusion à un évènement historique qui prit le nom d’« al-Mubâhala », qui eut lieu vers la fin de la vie du Prophète Mohammed(s), après l’expédition de Tabûk (9H) contre les soldats de l’empereur romain Heraclius, et après que la presque totalité de la péninsule arabique eut rejoint l’Islam et se fut ralliée au Prophète Mohammed(s), sans doute le 24 dhû al-Hijjah en l’an 9H (~632 apJC).

ØLe Messager de Dieu(s) avait précédemment envoyé une lettre à l’évêque et aux habitants de Najrân (ville située au sud de la péninsule arabique, à la limite nord du Yémen actuel, tristement célèbre pour le martyre de Chrétiens jetés dans le feu en l’an 523 apJC (environ), évoqué dans la sourate al-Burûj (85)). Dans cette lettre, il(s) les invitait à se soumettre à l’Islam. S’ils acceptaient de se soumettre à Dieu, de reconnaître le Prophète Mohammed et sa religion, donc de devenir musulmans, ils bénéficieraient des mêmes droits et devoirs que les autres musulmans. S’ils refusaient, ils devraient payer une compensation, la (jiziyat)(1) et autorisaient de fait une situation de guerre ou de paix.

ØEn réponse, l’évêque de Najrân décida d’envoyer une délégation de 14 notables chrétiens chez le Prophète Mohammed(s) qui discuterait avec lui(s). Quand cette délégation arriva chez le Prophète(s), elle se mit à argumenter avec lui(s), à l’interroger sur le père du Prophète ‘Issâ(p) fils de Mariam(p), prétendant que l’absence apparente de père lui(p) conférait un statut de divinité (« Dieu lui-même » ou « fils de Dieu »). Ce que le Prophète(s) récusait véhément.

ØC’est alors que furent révélés au Prophète(s) les versets 59 et 60 (comparant la création du Prophète ‘Issâ(p) à celle du Prophète Adam(p)), après quoi, il n’appartenait plus au Messager de continuer de discuter avec eux. Si la délégation continuait à refuser d’admettre cette Vérité divine, il ne servait plus à rien d’argumenter avec eux.  

ØC’est alors qu’eut lieu l’Ordre divin adressé au Prophète(s) de les appeler à une sorte d’ordalie, relatée dans ce verset 61. Dieu (qu’Il soit Exalté) demanda à son Prophète(s) de leur demander de revenir et d’appeler ensemble les fils, les femmes et eux-mêmes (c’est-à-dire ce qui est le plus proche et le plus cher pour chacun), puis de délaisser toutes les considérations de ce monde, du « moi » (de l’âme), tout ce qui est autre que la recherche de la Vérité et de la Satisfaction de Dieu. Enfin, dans cette situation, de placer la Malédiction de Dieu sur les menteurs (non pas sur ceux qui sont dans l’erreur par ignorance mais sur ceux qui cachent la vérité) sans citer aucun nom ni viser personne. En fait, c’était l’épreuve qui devait mettre en évidence la sincérité des intentions et faire apparaître la Vérité.

ØSelon les propos rapportés(2), le prophète Mohammed(s) se rendit le lendemain au rendez-vous, avec al-Hussein(p) sur ses épaules, tenant la main d’al-Hassan(p), sa fille Fâtimah(p) marchant derrière lui(s) et ‘Alî(p) derrière eux (à propos desquels Dieu a révélé le verset de la Purification, le summum de la certitude, de la foi, de la pureté et de la manifestation de la Vérité divine). C’est-à-dire avec les gens qui lui(s) étaient les plus chers, dont la présence donnait un poids supplémentaire à l’ordalie.

ØCertains savants ont soulevé le problème du pluriel alors que le Prophète(s) est venu avec ses deux petits-enfants, sa fille et un autre homme. Seulement, l’appel à ces gens de venir les rejoindre était général. Il n’y a donc pas de problème si dans sa réalisation, c’est au singulier. Cette façon de s’exprimer n’est pas spécifique à ce verset.

Autre problème soulevé : le mot « ibnâ’ » (fils) qui, en fait, ne s’applique pas qu’aux fils du père, mais aussi ceux de la mère et aux petits-enfants.

ØSelon les sources islamiques, les chrétiens discutèrent entre eux et décidèrent que si le Prophète venait avec beaucoup de gens autour de lui, c’est qu’il chercherait à les effrayer et l’ordre ne serait pas véridique. Dans ce cas, pas de crainte pour eux. Mais s’il venait avec un petit nombre de sa proche famille, alors le défi était véridique, le Prophète était vraiment un Prophète de Dieu. Dans ce cas, ils devraient éviter cette ordalie.

ØSelon certains propos rapportés, la seule vue du Prophète(s) accompagné de ces quatre personnes(p) (les meilleures créatures du monde) suffit pour les effrayer, refuser l’ordalie (la crainte ayant envahi leur cœur) et accepter le paiement de la (jiziyat)(1).

Selon d’autres propos rapportés, l’évêque de Najrân, voyant le Prophète(s) et ceux qui étaient avec lui(s), dit : « Ô rassemblement de nasâra (chrétiens)(3), certes je vois des visages qui, s’ils demandaient à Dieu de faire disparaître une montagne de sa place, Dieu le ferait pour eux. Alors ne faites pas cette ordalie, parce que vous serez perdus, il ne restera plus àla surface de la terre un seul nasrânî (chrétien)(3) jusqu’au Jour de la Résurrection. » Alors, ils dirent au Prophète(s) qu’ils ne voulaient pas faire cet appel à la malédiction, sans toutefois reconnaître la justesse des propos du Prophète(s). Ils décidèrent de rester dans leur religion et se résignèrent à payer la « jiziyat », ne pouvant affronter militairement le Prophète Mohammed(s).

ØLes deux versets qui suivent le verset 61 confirment l’issue de cette rencontre.

إِنَّ هَـذَا لَهُوَ الْقَصَصُ الْحَقُّ وَمَا مِنْ إِلَـهٍ إِلاَّ اللّهُ وَإِنَّ اللّهَ لَهُوَ الْعَزِيزُ الْحَكِيمُ (62) فَإِن تَوَلَّوْاْ فَإِنَّ اللّهَ عَلِيمٌ بِالْمُفْسِدِينَ (63)

C’est que c’est vraiment cela l’histoire, la vérité, et il n’y a de divinité que Dieu. C’est que Dieu est vraiment Celui qui est le Très-Puissant et le Très-Sage. Si donc ils se détournent, Dieu alors connait très bien les corrupteurs.

Le verset 62 confirme l’Unicité divine – et donc le refus de l’attribution de la divinité au Prophète ‘Issâ(p) – la Puissance et la Sagesse divine, encourageant le Prophète(s) à maintenir sa position et l’ordalie.

Le verset 63, non seulement confirme la dérobade des chrétiens de Najrân mais l’explique en tant qu’ils sont qualifiés de « corrupteurs », de gens qui dérèglent, sèment la corruption.

Leur intention n’était pas de rechercher la vérité, mais plutôt de la cacher. Parce que s’ils la recherchaient réellement, ou s’ils étaient sincèrement convaincus de détenir la Vérité, ils auraient accepté l’ordalie. En fait, ils ne veulent pas que la Vérité apparaisse, ils ne veulent pas réformer le monde, mais au contraire le corrompre [la sauvegarde de leur ‘clan’ étant devenue prioritaire – une sorte de fanatisme.].

(d’après Tafsîr al-Mîzân de sayyed Tabatabai, vol.3 pp199-200 ; pp202-204)

[On est loin des martyrs de Najrân, qualifiés de croyants dans la sourate al-Burûj (85) !]

—Ibn Arabî explique cette influence grandiose de l’« ordalie » du fait du contact de l’âme du Prophète(s) et de ceux avec lui(s) avec « l’Esprit Saint » et le Soutien de Dieu à eux par son intermédiaire. Elle met en mouvement les « états d’âme » de l’être humain, comme le mouvement des membres en présence de la volonté et de la détermination.

(d’après Tafsîr al-Qurân al-karîm, de Ibn ‘Arabî, vol.I p193)

(1)une sorte d’impôts ou de tribut en échange de leur protection.

(2)aussi de sources sunnites, comme le confirme sh. Makârem Shîrâzî, dans son Tafsîr « al-Amthal », vol.2 pp392-393.

(3)A noter que les mots de « nasârâ » et « nasrânî » ne sont pas cités dans ces versets.

www.lumieres-spirituelles.net     No111 – Moharram-Safar 1443 – Août-Septembre-Oct. 2021


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