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2022-01-31 | Readers 190 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Où est la tombe du Prophète Hûd(p) ? 1-au Yémen


Où est la tombe du Prophète Hûd(p) ?

1-au Yémen ?

Où est enterré le Prophète Hûd(p), le premier des cinq prophètes arabes mentionnés dans le noble Coran, envoyé par Dieu au peuple ʿÂd, qui vivait dans le sud de la Péninsule arabique, le pays d’al-Ahqāf, pour l’exhorter à L’adorer Lui, uniquement Lui mais qui ne rencontra qu’incroyance et insolence ?

La première réponse qui viendrait à l’esprit est qu’il(p) serait enterré dans la région où se trouvait son peuple, le peuple ‘Âd. Et un propos rapporté par Isba‘ ben Nabâtat irait dans ce sens :

« Un homme de Hadramût se rendit un jour chez le Prince des croyants(p), au temps d’Abû Bakr.

-Le Prince des croyants(p) lui demanda : « Tu es un savant de Hadramût ? »

-« Non ! Un de ses ignorants. Je ne sais rien. »

-« Connais-tu l’endroit d’al-Ahqâf ? »

-« Il semblerait que tu veuilles m’interroger sur la tombe du Prophète Hûd(p) ? »

-« A Dieu, un rang (ou une obtention! Tu ne t’es pas trompé. »

Puis l’homme raconta une histoire dont le résumé est qu’ils se rendirent, en groupe, dans cette région et trouvèrent, au bout de quelques jours, la tombe du Prophète Hûd(p). »

Voici donc en premier lieu la tombe présumée du Prophète Hûd(p) au Yémen, dans la région de Hadramût (sanctuaire, d’ailleurs, le plus célèbre et le plus respecté du Yémen, depuis des siècles).

Le sanctuaire est situé à une soixantaine de kilomètres environ à l’est de Tarîm, à vol d’oiseau, dans une vallée (Wâdî Hadramût) qui se prolonge en Wâdî Masîla, entourée des falaises du Jawl qui encadrent de nombreux vestiges de champs irrigués datant de l’Antiquité (témoignages d’une occupation dense dans le passé). Une petite bourgade s’étale au pied du sanctuaire.

Le sanctuaire est adossé à la falaise de calcaire du Jawl, majestueux, dominant les bâtiments et les territoires agricoles exigus mais fertiles. Il est régulièrement blanchi à la chaux et la présence insolite de terrasses successives, chacune dotée d’édifices emblématiques, renforce le côté unique de cet événement architectural et urbain. Bien que construit sur le modèle de l’habitat du Ḥaḍramût, il ne présente cependant, aucune des magnificences des palais de Tarîm ou de Sayʾûn, pas plus que de celles des orgueilleuses hauteurs des maisons de Shibâm.  

La voie d’accès, comme un long serpent blanchi, s’enfonce sous la coupole la plus haute de toute la vallée. En-dessous, c’est un immense rocher qui semble posé en équilibre contre un bâtiment dont les portiques ombrés font ressortir les arcades blanchies à la chaux. Plus que les édifices, ce sont les escaliers et les murs de soutènement qui participent à la grandeur du site. Ils accompagnent le pèlerin et relient toutes les architectures au sein d’un même ensemble urbain : le sanctuaire du prophète Hûd(p). Au pied de l’immense rampe qui mène au sanctuaire, se trouve la grande mosquée du site d’une superficie totale de 1200 m².

Pour arriver au sanctuaire, il faut gravir un long escalier, aux degrés alternés avec des rampes,  doté de nombreux passages en baïonnettes, avec plusieurs volées séparées par des paliers en chicane, donnant sur des terrasses dotées de « services » (comme un hammam, un puits, un bassin, des latrines, de petits oratoires, une fontaine, des foyers pour procurer les charbons nécessaires aux fumigations d’aromates) et une esplanade intermédiaire dédiée au culte, fortement marquée par la présence d’un important bloc erratique.

Après un parcours de plus de soixante mètres, on arrive à la 1ère terrasse, située à vingt mètres au-dessus du point de départ de la rampe initiale : une esplanade dominée par un énorme bloc de plus de huit mètres de diamètre autour duquel a été construite une salle de prière plusieurs fois remaniée.  

Puis, après toute une série d’escaliers qui semblent s’enrouler autour de la terrasse dont les murs de soutènement dominent les pèlerins, on atteint la terrasse supérieure, six mètres plus haut, celle du tombeau du Prophète Hûd(p) proprement dit, le dôme étant accolé à la montagne et sa paroi sud étant percée par une tombe linéaire qui semble continuer de monter vers la falaise (ou d’en descendre). Le pèlerinage au tombeau du prophète est avant tout une procession correspondant à un parcours linéaire et rétroactif, avec ses chants, ses haltes et toutes sortes d’actes de dévotion.

L’édification du sanctuaire remonterait au XVe siècle et serait due au shaykh Hâkim bin Abdallah Bâ Qushayr. Si l’établissement humain est pluriséculaire, les édifices présents aujourd’hui sont récents. L’ensemble a, semble-t-il, été reconstruit à la fin du XIXe siècle avec l’aide financière de grands seigneurs locaux comme la famille d’al-Kaf. En effet, le site sacré subit des difficultés intertribales mais surtout des assauts wahhabites qui détruisirent de nombreux tombeaux de saints.

Depuis la reprise active du pèlerinage après 1990, le sanctuaire a été considérablement agrandi vers l’est. Les riches habitants de la région ont tous une maison sur le site, prête à recevoir famille et invités, avec le bois pour la cuisson ou l’huile pour les lampes.

La date du grand pèlerinage au sanctuaire du Prophète Hûd (du 8 au 11 du mois de Sha‘bân) aurait été fixée au XVIe siècle, par shaykh Abû Bakr, de ben Sâlim al-‘Alawī.

A côté du sanctuaire, une grande mosquée, des quartiers d’habitation différenciés organisés autour de lieux de culte spécifiques, un marché, des puits, des fontaines et des latrines. Aujourd’hui le territoire sacré est doté d’une enceinte avec un passage unique.

Le Prophète Hûd(p), le Prophète du peuple ‘Âd

¡D’abord qui était le peuple ‘Âd ? Il descendrait du peuple Nûh, c’est-à-dire de ceux, croyants, qui ont été sauvés du déluge. Il aurait immigré vers le sud de la Péninsule arabique, correspondant à l’actuelle région de Hadramût (au Yémen) et du Dhofar (en Oman). Il tient son nom de ‘Âd, fils de ‘Awas, fils d’Iram, fils de Sâm, fils de Nûh. Avec le temps, le peuple s’était éloigné des enseignements du Prophète Nûh(p) et s’était mis à adorer des divinités qu’il représentait par des statues de pierre ou de bois.

Les gens ‘Âd étaient grands, forts, colossaux, détenant la force physique, une longévité de vie et une grande taille. Des géants, de 6 à 30 ou 50 m pour les plus grands. Ils avaient construit des palais fortifiés, des forteresses, des demeures au-dessus de longues colonnes tirées des montagnes avoisinantes (7-8/89 al-Fajr).

La région où ils s’étaient installés était la plus fertile, la plus irriguée de cours d’eau, arrosant de nombreux jardins. Mais ils devinrent arrogants, despotes, adorant des statues.

(cf. Tawârîkh al-Anbiyâ’ de sayyed Lawâsânî, pp68-69)

¡C’est parmi eux que naquit le Prophète Hûd(p).Il était le fils de Abdallah, fils de Rubâh, fils de Jalûth, fils de ‘Âd, fils de ‘Awas, fils d’Iram, fils de Sâm, fils du Prophète Nûh(p)(1). Il grandit parmi eux, mais croyant, pieux, sûr. Il est dit qu’il ressemblait le plus au Prophète Adam(p).

Quand il eut 40 ans, Dieu Tout-Puissant lui révéla la Prophétie et l’envoya avec Son Message auprès de son peuple pour l’appeler à adorer Dieu, Un, Unique, et à abandonner leur idolâtrie (50/11 Hûd). Mais son peuple se mit, dans son ensemble, en colère contre lui(p). Certains s’opposèrent ouvertement à lui(p) et le frappèrent jusqu’à ce qu’il perde connaissance.

Le Prophète Hûd(p) se plaignit auprès de son Seigneur du comportement de son peuple. Dieu Tout-Puissant lui demanda de persévérer dans ses exhortations. Ainsi, il continua, avec l’Aide de Dieu, de conseiller son peuple, de l’encourager à abandonner l’adoration des statues, à se repentir et à revenir à Dieu, Un, Unique, faisant appel à leur raison (50-52/11 Hûd).

Mais ils s’entêtèrent dans leur associationnisme, très en colère contre leur Prophète, mettant en avant leur force et leur grand nombre. Le Prophète Hûd(p) lança un cri à leur encontre qui les fit tomber raides, comme s’ils étaient morts. Dieu plaça en leur cœur très grande frayeur du Prophète Hûd(p). Ils se levèrent et s’éloignèrent rapidement de lui(p).

Le Prophète Hûd(p) continua à appeler son peuple à adorer Dieu, Un, Unique et à le mettre en garde contre le châtiment divin s’il s’entêtait dans cet égarement (21/46 al-Ahqâf). Il(p) lui rappela le sort du peuple Nûh (le déluge). Mais cela ne faisait qu’augmenter son incroyance, son arrogance et ses provocations. Cela dura 760 ans, jusqu’au Jour de la Promesse divine ..  (à suivre).


(1)Le Prophète Hûd est parfois identifié au patriarche Héber de la Bible, Eber ou Héber étant un personnage de la Genèse (cf. 10.21 & 10.25) de l’hébreu « ‘ivri » et de l’arabe « ‘abara » (traverser), descendant de Sem fils de Noé, son père étant Shélah.

www.lumieres-spirituelles.net     No114 – Rajab-Sha‘bân 1443 – Février-Mars 2022


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