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2022-01-31 | Readers 273 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Olivier Clément, grand penseur orthodoxe 1921-2009


Olivier Clément,

grand penseur orthodoxe 1921-2009

Rien ne prédisposait Olivier Clément, né en 1921 dans une famille athée des Cévennes, à devenir l’un des plus grands théologiens chrétiens orthodoxes du XXe siècle. « J’ai grandi dans un milieu déchristianisé, Je n’ai pas été baptisé et je n’ai pas reçu d’instruction religieuse. »

Ce ne fut qu’au moment des lectures d’adolescent que se posèrent à lui les premières questions spirituelles. Après le bac, ses études d’histoire et d’anthropologie religieuse lui firent découvrir à quel point les civilisations sont marquées par le spirituel. 

Kierkegaard, Newman, Chestov se bousculent alors dans ses lectures. Puis vint la rencontre avec l’Inde. « Pendant dix ans, j’ai cherché dans le vaste monde des religions et des mythes. Tout m’attirait. Mais je me suis retrouvé coincé (au niveau de la pensée) entre l’Inde, où tout est sacré, divin, englouti dans l’océan de la divinité, et le sens du ‘caractère unique de la personne’. »

Sa rencontre avec l’orthodoxie se fit avec La Théologie mystique de l’Église d’Orient, de Vladimir Lossky (cf. LS No7). Le chapitre sur « La Trinité et l’homme à son image » l’enthousiasme. « La Trinité m’est alors apparue comme la solution à mon impasse : une unité totale, plus grande encore que celle dont parlait l’Inde, tout en étant la différence absolue ! »

À la même époque, il découvrit Nicolas Berdiaev (cf. LS No3) et avec lui, le christianisme mais en était encore extérieur. Des paroles du Christ telles « Je “suis” le chemin » le heurtait.

Et puis, un jour, face à une icône achetée à un antiquaire parisien, se fera sa conversion :

« Comme si le Christ était venu me chercher et je l’ai suivi. J’ai mis entre parenthèses tout ce que je savais sur les religions. Je lui ai fait confiance. » dira-t-il.

Avec Vladimir Lossky, il se mit à étudier la théologie (grecque orthodoxe, qui avait connu un grand essor spirituel en Russie à la fin du XIXe siècle jusqu’en 1922 et qui s’était repliée en France après la Révolution russe), et notamment les Pères de l’Église qui étaient pour lui « un éblouissement ».

Il devint à son tour un maître de « l’École de Paris » et l’une des figures majeures de l’Institut Saint-Serge. Il participa à la fondation de la Fraternité orthodoxe en Europe occidentale et fut, pendant plusieurs décennies, secrétaire de rédaction de CONTACTS, revue française de théologie et de spiritualité orthodoxe. Il s’engagea dans le dialogue œcuménique et interreligieux (qui ne signifiait pas pour lui syncrétisme, mais discernement des éléments évangéliques des différentes traditions religieuses). Il écrivit une trentaine d'ouvrages et une centaine d’articles consacrés à l'histoire, la théologie, la spiritualité et la vie de l'Église orthodoxe, et à la rencontre de l'orthodoxie avec le christianisme occidental, les religions non-chrétiennes et la modernité, et aussi à des thèmes comme le visage, la beauté, le cosmos et le corps. Parmi ses nombreux livres, on peut citer Questions sur l’homme (Stock, 1972), Sources (Stock, 1982), Corps de mort et de gloire (Desclée de Brouwer, 1995).

Père de famille et grand-père, il décéda à Paris le 15 janvier 2009.

Pourquoi ce choix d’être orthodoxe ?

« Quand j’ai reçu le baptême dans l’Église orthodoxe en 1951, j’avais trente ans. J’aime et je vénère en elle la fidélité à l’Origine et au But du christianisme, cette divino-humanité christique où souffle l’Esprit. Je pense à l’orthodoxie en termes de fondement, de sol, de racines, de crypte. Et aussi de Fin comme universelle transfiguration. »

Deux point centraux l’ont retenu :

« 1-la résurrection qui délivre de l'angoisse et fait participer au mystère trinitaire, mystère à la fois d'unité et de différence, qui éclaire toute l'anthropologie orthodoxe.

2-le mystère du Christ, cette union du divin et de l'humain, de Dieu et de l'homme de manière inséparable. Dieu assume non seulement l'humanité actuelle, mais aussi toute l'histoire et tout le cosmos. » « C'est aussi le sens de la beauté, à travers notamment l'icône. » Enfin « ce qui compte, c'est le pécheur. Cela a été pour moi quelque chose de très libérateur. »

Quel avenir voit-il pour l'orthodoxie ? 

« Depuis une dizaine d'années, l'orthodoxie se manifeste comme Eglise des martyrs, une Eglise qui se reconstitue, après avoir été écrasée pendant trois quarts de siècle, alors qu’elle avait connu au début du XXe siècle et jusqu'en 1922, un extraordinaire mouvement de pensée (avec des penseurs prophétiques, tel Berdiaev).

Après, dans l'émigration, il y a eu des recherches et des initiatives comme celles de Lossky, et des Pères. L'orthodoxie doit retrouver sa puissance créatrice qu'elle avait au début du XXe siècle. L'Eglise se réveille, elle n'a pas peur de se réveiller. »

www.lumieres-spirituelles.net     No114 – Rajab-Sha‘bân 1443 – Février-Mars 2022



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