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2022-05-28 | Readers 146 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Réflexions sur le sermon 80 du Nahj al-Balâgha (4)


Réflexions sur le sermon 80 du Nahj al-Balâgha (4)

Intitulé « Après la bataille d’al-Jamal – du blâme des femmes »

Nous avons vu les dernières fois, 1-la traduction du sermon avec son étude lexicale, 2-un rappel des circonstances de la tenue d’un tel sermon public et 3-un premier commentaire (selon l’apparence), 4-les principales sources rapportant ce sermon, 5-sa confrontation avec le noble Coran et la tradition prophétique et 6-l’attitude à avoir vis-à-vis de ce sermon. Voici, cette fois-ci, la fin 7-d’une étude un peu plus approfondie de ce sermon.

« Rassemblements de gens !

Les femmes ont des manques au niveau de la foi, des manques au niveau des parts, des manques au niveau des raisons. Quant au manque au niveau de leur foi :le fait d’être assises loin de la prière et du jeûne [de s’arrêter de prier et de jeûner]pendant les jours de leurs menstrues. Quant au manque au niveau de leurs raisons :le fait que le témoignage de deux femmes équivaut à celui d’un homme. Quant au manque au niveau de leurs parts le fait que leurs parts d’héritage sont selon la moitié de cellesdes hommes.

Alors craignez les mauvaises femmes et soyez sur vos gardes avec les bonnes d’entre elles, et ne leur obéissez pas dans ce qui est convenable pour qu’elles ne convoitent pas dans le blâmable. » (Khutbah 80 pp180-181)

مَعَاشِرَ النَّاسِ، إِنَّ النِّسَاءَ نَوَاقِصُ الإيمَانِ، نَوَاقِصُ الْحُظُوظِ، نَوَاقِصُ الْعُقُولِ: فَأَمَّا نُقْصَانُ إِيمَانِهِنَّ فَقُعُودُهُنَّ عَنِ الصَّلاةِ وَالصِّيَامِ فِي أَيَّامِ حَيْضِهِنَّ، وَأَمَّا نُقْصَانُ عُقُولِهِنَّ فَشَهَادَةُ امْرَأَتَيْنِ مِنْهُنّ كَشَهَادَةِ الرَّجُلِ الْوَاحِدِ، وَأَمَّا نُقْصَانُ حُظُوظِهِنَّ فَمَوَارِيثُهُنَّ عَلَى الأنْصَافِ مِنْ مَوارِيثِ الرِّجَالِ;

فَاتَّقُوا شِرَارَ النِّسَاءِ، وَكُونُوا مِنْ خِيَارِهِنَّ عَلَى حَذَر، وَلاَ تُطِيعُوهُنَّ فِي المَعْرُوفِ حَتَّى لاَ يَطْمَعْنَ فِي المُنكَرِ.

7-Etude un peu plus approfondie de ce sermon (suite et fin)

 

1-A propos des trois affirmations et leurs justifications (fin)

c)A propos de l’affirmation du manque des femmes au niveau des parts, liée aux parts de l’héritage

—Cet argument concerne deux cas particuliers d’héritage (pas toutes ses formes), celui du père qui a des enfants (garçons et filles) et celui du frère qui n’a pas d’enfants et qui a des frères et des sœurs.

—La question de l’héritage est certes liée à la sauvegarde du patrimoine d’une famille, mais on peut noter que si ces règles restreignent la part d’héritage de certaines femmes, elles n’empêchent pas le fait qu’elles puissent hériter de leurs proches et d’en avoir pleine jouissance en toute indépendance.

—Ces règles renvoient aussi à une certaine organisation sociale et économique de la société. En effet, selon la vision de l’Islam, c’est l’homme (le mari) qui a la charge de pourvoir aux besoins de la famille (de sa femme et de ses enfants) et non pas la femme. Quant à la femme, elle peut garder son propre argent pour elle-même et ne pas en faire profiter son mari ni ses enfants, même, ne pas l’utiliser pour ses propres besoins élémentaires (nourriture, vêtement, logement) !

—En tenant compte de ces deux derniers points, il peut être compréhensible que, dans l’héritage familial, une double part soit attribuée à l’homme.

—On peut aussi louer l’Islam qui ne prive pas la femme de sa part d’héritage de ses parents ou de son frère en présence d’éléments masculins, même ! qui la lui sauvegarde, lui permettant d’en disposer pleinement comme elle l’entend, sans aucune interférence de quiconque, contrairement aux us et coutumes de cette époque.

—Alors pourquoi l’Imam ‘Alî(p) évoque-t-il ce point dans son sermon, au retour de la bataille d’al-Jamal ? En quoi cela peut-il être un argument (de valeur) pour justifier le blâme de la femme ? D’autant que pour l’Imam ‘Alî(p), ce ne sont ni l’argent ni les biens qui sont des critères de valeur de l’être humain !

 

2-A propos des trois mises en garde

 

a)La 1e mise en garde : celle de craindre les mauvaises femmes

—De façon générale, on doit craindre les êtres humains mauvais (même toute créature maléfique, des humains et des djinns) en tant qu’ils peuvent vouloir du mal à autrui en plus de se vouloir du mal à eux- mêmes et envers Dieu. Au moins deux sourates sont consacrées à ces créatures maléfiques contre lesquelles nous cherchons protection auprès de Dieu.

—Cette première mise en garde ne poserait pas de problème si les femmes n’avaient pas été évoquées de façon exclusive – les mauvais hommes ne manquant pas ! Pourquoi l’Imam(p) l’a-t-il fait ici ?

 

b)La 2e mise en garde : celle de rester sur ses gardes avec les bonnes d’entre elles

—La première question qui vient à l’esprit est pourquoi ? (Au point que certains, gênés par cela, ont un peu modifier le texte en le traduisant en français et que des savants ont exclu tout de suite les femmes infaillibles comme s. Fâtimah az-Zahrâ’(p)).

—Cela demande sans doute une réflexion plus approfondie pour comprendre les motivations de l’Imam(p) – d’autant qu’il(p) a vécu une bonne partie de sa vie avec la meilleure des femmes au monde, de tous les temps, s. Fâtimah az-Zahrâ’(p), et que nulle part, il n’est mentionné que l’Imam ‘Alî(p) restait sur ses gardes avec elle(p)– ni au niveau de ses paroles, ni au niveau de ses actes.

 

c)La 3e mise en garde : celle de ne pas obéir aux femmes (bonnes ou mauvaises ?) dans ce qui est convenable

—Pour le convenable (al-ma‘rûf), l’homme n’a pas besoin de la femme pour le faire. L’Islam le lui indique. De plus c’est ce qui est le plus en harmonie avec sa nature fondamentale (al-fitra) et sa raison. Et s’il accomplit le convenable, c’est pour obéir à Dieu.

—D’autre part, l’Islam n’ordonne-t-il pas à tout être humain de non seulement accomplir le convenable mais aussi de l’ordonner aux autres ? Rien n’indique que, si cela vient d’une femme, il faut s’en méfier.

—A quoi l’Imam ‘Alî(p) fait-il référence ici ? Selon l’apparence, au fait que l’homme accomplirait le convenable, non pas par obéissance à Dieu, ni à sa fitra ni à sa raison, mais pour les « beaux yeux » de la femme ? Si c’est le cas, cela ne mettrait-il pas plutôt en évidence un point de faiblesse, non pas chez la femme, mais chez l’homme ?

—La justification donnée par l’Imam(p) est que cela pourrait pousser les femmes à demander davantage aux hommes et même à les entraîner dans le blâmable. Plusieurs remarques s’imposent :

—Obéir à une femme pour le convenable ne pourrait-il pas, au contraire, l’encourager à continuer à prôner le convenable, à faire le bien ? Comme lorsque l’on encourage son enfant (ou autres) à faire le bien en le valorisant quand il le fait ?

—De même, non seulement l’Islam interdit le fait d’accomplir le blâmable (al-munkar), mais il demande le fait de l’interdire aux autres, et cela pour tout le genre humain, hommes et femmes.

—Qu’est-ce qui empêche l’homme de ne pas accomplir le blâmable, même si une femme le lui demande, puisque Dieu l’interdit ? L’exemple du Prophète Youssef(p) est clair sur ce point (cf. 24/12 Yûsuf)(1).

—Alors que cherche à mettre en évidence le Prince des croyants(p) ?

-que le fait d’obéir à la femme pour le convenable lui ferait croire (à elle, de façon spécifique) qu’elle aurait un ‘pouvoir’ sur cet homme (sur lui, de façon spécifique) ?

-que cette illusion de ‘pouvoir’ la rendrait aveugle par rapport à ce qui est convenable et à ce qui est blâmable ?

-le mot (yatma‘na) indique la convoitise, le désir fort, avec excès. Mais le complément d’objet n’est pas précisé. Cette situation pousserait la femme à convoiter quoi ? d’avoir plus d’autorité sur l’homme ? de désirer l’homme lui-même (comme dans le v.32/33 al-Ahzâb, à propos des femmes du Prophète(s))(2) ? de l’utiliser pour satisfaire ses propres désirs ?

—Contre quoi le Prince des croyants(p) cherche-t-il(p) à mettre en garde, de façon spécifique, les gens présents et les générations à venir à travers de tels arguments ?

 

Les questions générales apparues lors de cette étude un peu plus approfondie de ce sermon, auxquelles des réponses doivent être apportées pour pouvoir le comprendre à sa juste valeur, peuvent être résumées ainsi :

-En quoi des situations particulières (les périodes menstruelles), vécues par les femmes, non voulues par elles mais imposées par Dieu Tout-Puissant (cf. le v. 15/46 al-Ahqâf et le mot « Kurhann » employé), ont-elles des conséquences sur sa foi et sa religion ?

-Ce phénomène est-il en soi, dans leur nature, leur essence en tant que femmes, ou accidentel ?

-Quelle vision de la femme a l’Islam en général ?

-La femme a-t-elle vraiment des manques au niveau de la raison pour en tirer une règle générale pour toutes les femmes ? N’existe-t-il pas sur terre des différences de niveau d’intelligence, de raison entre tous les êtres humains, hommes et femmes, des femmes pouvant même surpasser des hommes en intelligence ?

-Y a-t-il des Textes qui indiquent que la femme est un être humain inférieur à l’homme ?

-L’Islam parle-t-il, de façon générale, de facteurs qui peuvent renforcer ou diminuer la raison (comme le propos cité plus haut du Messager de Dieu(s) : « Celui qui commet un péché, une raison le quitte, qui ne lui revient jamais. ») auxquels les femmes seraient plus exposées, plus vulnérables que les hommes ?

-La différence des parts d’héritage en faveur du fils ou du frère est-elle liée à une impotence chez la femme à gérer ses biens ou renvoie-t-elle à une certaine conception économique et sociale de la société ?

-Dans ce cas, quels sont les fondements de l’organisation sociale et économique de la société dans l’Islam ?

-A quoi ces mises en garde du Prince des croyants(p) renvoient-elles en fait, fondamentalement ?

 

Si nous arrivons à mieux déterminer où se situent réellement les différences, il nous sera plus facile de comprendre les raisons de ce sermon, d’en connaître son importance et surtout de tirer les leçons qui nous seraient encore utiles de nos jours.

(1)24/12 Yûsuf {Mais elle le désira et il l'aurait désirée s’il n’avait pas vu la preuve de son Seigneur.} -

وَلَقَدْ هَمَّتْ بِهِ وَهَمَّ بِهَا لَوْلا أَن رَّأَى بُرْهَانَ رَبِّهِ

(2)32/33 al-Ahzâb {..Si vous êtes pieuses, ne soyez pas complaisantes par la parole, afin que celui dont le cœur est malade ne convoite pas.} - إِنِ اتَّقَيْتُنَّ فَلَا تَخْضَعْنَ بِالْقَوْلِ فَيَطْمَعَ الَّذِي فِي قَلْبِهِ مَرَضٌ

www.lumieres-spirituelles.net     No116 – Dhû al-Qa‘deh-Dhû al-Hijjah 1443 – Juin-Juillet 2022


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