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2022-05-28 | Readers 108 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Al-Kâzhimayn en Iraq (4) (Aperçu historique - 2*)


Al-Kâzhimayn en Iraq (4)

(Aperçu historique - 2*)

La ville d’al-Kâzhimayn, située à 5km au nord-ouest de Bagdad, sur la rive droite du Tigre (qui divise la capitale en deux), tient son nom de l’Imam Moussa al-Kâzhem(p) (le 7e Imam), enterré en cet endroit, rejoint par son petit-fils l’Imam Mohammed al-Jawâd(p). Voici la suite et la fin d’un aperçu historique de l’évolution de cet endroit et de son sanctuaire**.

Le sanctuaire fut à nouveau sujet à des agressions en 517H. Mais cela n’a pas empêché, entre ces moments de « fitneh », qu’il connaisse des moments de rénovation, comme le renouvellement des caisses (ou cénotaphes) au-dessus des tombes, l’ajout d’un portique au sud du sanctuaire, la construction d’une mosquée à côté du sanctuaire et d’un minaret pour l’appel à la prière, en 450H, 490H.

En 575H, un nouveau portail fut construit ainsi qu’un nouveau portique et des minarets pour l’adhan. Les caisses au-dessus des tombes furent renouvelées, ciselées avec des feuilles d’or. Des pièces et des demeures attenantes furent construites en l’an 604H pour recevoir les pèlerins.

Et ainsi, durant la première moitié du 7e siècle H, les coupoles et les « caisses » furent régulièrement restaurées, et l’enceinte du sanctuaire systématiquement reconstruite ou renforcée après les inondations qui arrivaient et occasionnaient des dégâts.

Quand les mongols prirent Bagdad(Moharram 656H/10/2/1258 apJC), mettant fin à la dynastie abbasside, la ville d’al-Kâzhimayn ne fut pas épargnée bien qu’il ne s’y trouvât pas de force militaire. Le sanctuaire d’al-Kâzhimayn subit plusieurs destructions, et un de ses côtés fut incendié. Cependant, sous ordre de Shahâb ad-Dîn fils d’Abdallah, le sanctuaire fut restauré sous la direction active de sheikh Nasîr ad-Dîn at-Tûsî(qs).


Ainsi, vers la fin du 7e siècle H, la ville d’al-Kâzhimayn apparut comme une ville indépendante, séparée de Bagdad, avec toutes les caractéristiques d’une ville (nombre important d’habitants, d’habitations, d’institutions, etc.). Le sanctuaire constituait le centre de cette ville, comprenant des demeures pour les orphelins, pour l’enseignement de l’écriture et de la lecture du noble Coran, un endroit spécial pour l’étude du droit et des hadiths, une bibliothèque, un restaurant pour les visiteurs (qui venaient nombreux lors des commémorations religieuses) et pour le mois de Ramadan.

En 769H, le sanctuaire fut à nouveau rénové. Deux coupoles furent construites ainsi que deux « caisses » en marbre au-dessus des deux nobles tombes. Le haram fut décoré de placages (tâbûq kâshânî) gravés de versets coraniques.

Au 10e siècle H, al-Kâzhimayn entra dans une nouvelle époque d’importance et d’indépendance administrative intérieure. Avec l’arrivée d’un côté des Safavides (1501-1736) en Perse et leur développement et de l’autre le pouvoir ottoman en Turquie, Bagdad devint une ville disputée entre les Turcs et les Perses. Le Shah Ismâ‘îl Safavide visita al-Kâzhimayn et ordonna que soit formée une administration particulière pour la ville avec un juge (dî) à sa tête prenant le titre de « sheikh al-Islam ». Des fonds furent accordés pour que soient effectuées de nouvelles rénovations, comme le renouvellement des caisses en bois, l’élargissement de la cour, le recouvrement des portiques en marbre, la construction de deux minarets pour qu’ils soient au nombre de 4.

Mais en 941H (1534 apJC), le sultan Suleiman (1520-1566 apJC) occupa Bagdad à son tour, plaçant l’Irak sous son autorité ottomane. Al-Kâzhimayn connut alors des périodes alternées d’hostilités et de calme.

En 1032 H, le shah Abbas as-Safavide gouverna à nouveau Bagdad après une absence de près de 100 ans. Visitant le sanctuaire d’al-Kâzhimayn, il ordonna la reconstruction de tout ce qui avait été détruit à cause des hostilités ou de la négligence, et des innovations qui, elles, ne se réalisèrent qu’en 1115H, comme un édicule en acier au-dessus des « caisses » en tek au-dessus des deux tombes, décoré d’inscriptions coraniques.

Plus tard, furent ajoutées des incrustations d’or et de morceaux de verre coloré dans le bois du fond des deux coupoles, du toit, du portique et le mur de la cour.

Ainsi, au cours des années, des innovations, des aménagements et des embellissements furent apportés à l’intérieur et à l’extérieur de ce sanctuaire au point qu’il devient une œuvre d’art, de beauté et d’innovation.

Cette ville fournit de grands savants religieux en droit islamique et dogme grâce à ses écoles religieuses. Ils se manifestèrent également par leur opposition au mandat britannique (1921).

Et encore aujourd’hui, après la fin du sanguinaire Saddam Hussein, des innovations et des embellissements sont apportés à ce sanctuaire qui attire de plus en plus de visiteurs, malgré l’instabilité et l’insécurité causées par les groupes armés de Daesh et compagnie et leurs commanditaires. De nombreux prodiges sont attribués à ce sanctuaire grâce à la présence bénie des deux Imams al-Kâzhem(p) et al-Jawâd(p) enterrés en cet endroit.

A côté de leurs tombes, on peut trouver également celles de grands savants connus, comme celles de :

-ash-Sharîf ar-Radî (970-1016 apJC) qui a compilé Nahj al-Balâgha du Prince des croyants(p) ;

et de son frère ash-Sharîf al-Murtadâ (966-1044 apJC) ;

-sh. al-Mufîd (m.413H/1022 apJC) (connu notamment pour son Irshâd) ;

-sh. Nasîr ad-Dîn at-Tûsî (1201-1274 apJC) (grand savant en dogme, en théosophie mystique et en astronomie).

Egalement, celles de neuf martyrs de la bataille de Nahrawân menée par le Prince des croyants(p) contre les Kharijites.

*Cf. La revue L.S. No 102 pour la 1e partie.

**Tiré de la revue ash-Sha’a’ir No42 1434 Sept.-oct. 2013 pp8-12 et No54 1435 Sept. 2014 pp8-12.

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L’Imam al-Jawâd(p)(1)

10 Rajab 183H – 23 Dhû al-Qa‘deh

L’Imam al-Jawâd(p) est né à Médine en l’an 195H, le 10 du mois de Rajab (comme évoqué dans l’invocation de l’Imam al-Mahdî(qa) de Rajab : « Mon Dieu, je Te demande par [la Grâce des] deux personnes nées en ce mois de Rajab, Mohammed fils de ‘Alî le second et son fils ‘Alî fils de Mohammed l’Elu et… »(2)). Une autre date est retenue pour les commémorations de sa naissance, celle de la nuit du 19 du mois de Ramadan. Son père était l’Imam ‘Alî ar-Ridâ(p), fils de Moussa(p), fils de Ja‘far(p), fils de Mohammed(p), fils de ‘Alî(p), fils de Hussein(p), fils de ‘Alî(p) fils d’Abû Tâleb et de Fâtimah az-Zahrâ’(p), fille du Messager de Dieu, le Prophète Mohammed(s). Sa mère était une servante appelée « Sabîrah », « Durrat » ou « Rîhânah » (l’Imam ar-Ridâ(p) l’appelait « Khayzarân »). Elle était nubienne (c’est-à-dire originaire d’Afrique nord-orientale).

Il(p) ne vécut pas longtemps avec son père l’Imam ar-Ridâ(p). Il avait 4-5 ans quand ce dernier(p) quitta Médine pour se rendre à Marw (en Iran), le laissant à Médine. Et il n’avait que 7-8 ans quand l’Imam ar-Ridâ(p) fut empoisonné en 203H au Khurâsân. C’est donc à cet âge qu’il dut assumer la charge de l’Imamat ! Une première ! Aussi, sa première tâche fut-elle de faire accepter le fait que c’était lui l’Imam après l’Imam ar-Ridâ(p) malgré son jeune âge. Sa charge de l’Imamat allait durer 17 ans et demi :

-15 ans sous le règne d’al-Ma’mûn jusqu’à la mort de ce dernier en l’an 218H ;

-2 ans et demi sous le règne de son frère al-Mu‘tasem, jusqu’à son martyre en l’an 220H à la fin du mois de Dhû al-Qa‘deh, empoisonné sous ordre d’al-Mu‘tasem soit par un de ses vizirs soit par la fille d’al-Ma’mûn qu’il(p) avait dû épouser. Il avait alors environ 25 ans. Il(p) fut l’Imam qui vécut le moins longtemps.

Après le martyre de l’Imam ar-Ridâ(p)il était devenu clair dans l’ensemble de la Nation islamique que le califat (al-khalîfat, la Lieu-tenance de Dieu sur terre) revenait aux gens (Imams) de la Maison du Prophète(s). En d’autres termes, que la gestion de la Nation islamique, les rênes du pouvoir revenaient aux Imams de la famille du Prophète, choisis par Dieu, après le Prophète Mohammed(s).

En même temps, l’assassinat même de l’Imam ar-Ridâ(p), malgré toutes les manifestations de sympathie pour le courant shi‘ite qui apparurent dans toute la Nation (au point que beaucoup ont considéré la période d’al-Ma’mûn comme étant celle la plus « shi‘ite » ou, du moins, la plus « pro-shi‘ite »), montra à l’Imam al-Jawâd(p) que le projet d’instauration d’un gouvernement authentiquement islamique était repoussé pour un long terme.

Ainsi quand il(p) commença à assumer la charge de l’Imamat, il(p) dut d’abord faire face à deux défis :

1-son jeune âge ;

2-la politique dite d’« ouverture » culturelle, idéologique suivie par al-Ma’mûn (pour essayer de dévoyer à son profit le courant de sympathie envers l’école shi’ite), accompagnée d’une hostilité à peine voilée sur le terrain.

Ensuite l’Imam al-Jawâd(p) devait se préoccuper de la préparation de l’avènement du douzième Imam(qa). Le pouvoir abbasside, après son expérience avec l’Imam ar-Ridâ’(p) et son échec d’intégrer le shi‘isme dans sa stratégie, ne manquerait pas de durcir ses positions à l’encontre non seulement des sympathisants et des partisans d’Ahl al-Beit(p), mais aussi directement contre les Imams(p) eux-mêmes. Il chercherait à les empêcher d’agir, de diffuser leur savoir, voire même de venir au monde, et plus particulièrement le dernier des douze Imams, l’Imam al-Mahdî(qa) (qui devra établir la justice sur terre et sonner le glas à tous les despotes usurpateurs du pouvoir).

L’Imam al-Jawâd(p) est souvent considéré comme l’Imam de la transition.

(1)L’Imam Mohammed al-Jawâd(p) (le 9e Imam) – Imam à 7 ans ! aux Ed. B.A.A. (cf. la présentation de ce livre dans le No110 de la revue L.S.).

(2)Mafâtîh al-Jinân p497 aux Ed. BAA citant an-Nâhiyat al-Muqaddassat  – Kashef, vol.3 p128.

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