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2022-09-22 | Readers 44 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Réflexions sur le sermon 80 du Nahj al-Balâgha (6)


Réflexions sur le sermon 80 du Nahj al-Balâgha (6)

Intitulé « Après la bataille d’al-Jamal – du blâme des femmes »

Nous avons vu, les dernières fois, 1-la traduction du sermon avec son étude lexicale, 2-un rappel des circonstances de la tenue d’un tel sermon public, 3-un premier commentaire (selon l’apparence), 4-les principales sources rapportant ce sermon, 5-sa confrontation avec le noble Coran et la tradition prophétique, 6-l’attitude à avoir vis-à-vis de ce sermon, 7-une étude un peu plus approfondie de ce sermon et 8-un petit rappel d’un certain nombre de points concernant la vision générale de l’Islam de la femme. Cette fois-ci, il s’agit 9-d’un petit rappel de la vision générale de l’Islam quant à l’organisation de la société humaine et ses répercussions sur le comportement des gens, du point de vue de la relation homme/femme.

9-Rappel de la vision générale de l’Islam concernant l’organisation de la société humaine

et ses répercussions sur le comportement des gens, du point de vue de la relation homme/femme

 

—En regardant de près ces différences au niveau des tâches et des actes spécifiques à accomplir par les hommes et les femmes, il apparait qu’elles sont liées à la paire des deux éléments tirée de la substance (an-nafs) unique, à la reproduction et au maintien de l’espèce humaine, comme mentionné dans le verset 1/4 an-Nisâ’ dont le début a été évoqué précédemment : {Ô vous les gens, craignez votre Seigneur Qui vous a créés d’une seule « substance » (nafs) et Qui a créé de celle-ci sa paire et Qui, de ces deux éléments, a propagé beaucoup d'hommes et de femmes.}(1/4 an-Nisâ’)(1) C’est-à-dire l’ensemble des hommes et des femmes sont créés d’une substance unique, puis de cette substance unique, Dieu a créé deux éléments distincts (le couple) qui sera à l’origine de toute l’humanité constituée d’hommes et de femmes.(2) Puis dans le processus de la reproduction en ce monde, Dieu détermine le sexe du nouveau-né après qu’il a été une goutte, puis une adhérence (cf. 38-39/75 al-Qiyâma). La création de deux éléments différenciés à partir de cette substance unique à l’origine de l’être humain serait donc liée à la reproduction et au maintien de l’espèce humaine.

—Certes, toute chose a été créée par Dieu (qu’Il soit Glorifié) par paire, c’est-à-dire composée de deux éléments distincts (cf. 36/36 Yâ Sîn ; 49/51 adh-Dhâriyât). Mais la paire des êtres humains (composée de ces deux éléments distincts, l’homme et la femme) n’a pas le même sens que celle des plantes, des atomes ou des autres animaux. Elle va obligatoirement porter les spécificités de l’espèce humaine.

—Parmi les spécificités citées dans le noble Coran à propos de cette paire spécifique humaine, on peut noter :

-le fait que cette goutte d’origine est liée au désir (cf. 37/75 al-Qiyâma) ;

-le fait que Dieu a placé (ja‘ala) une miséricorde et une affection entre ces deux éléments (homme et femme) de la paire (du couple) (cf. 21/30 ar-Rûm) ;

-le fait que c’est la femme qui assure le port de l’enfant (la grossesse) (cf. 189/7 al-A‘râf), l’accouchement (cf. 15/46 al-Ahqâf), l’allaitement du nouveau-né (cf. 233/2 al-Baqara).

—Par ailleurs, on peut noter que la nudité d’Adam et d’Eve (c’est-à-dire leur différence sexuelle apparente) n’est apparue qu’après qu’ils eurent mangé de l’arbre interdit, s’étant laissés séduire par les belles paroles du shaytân (malgré les avertissements de Dieu) qui les ont fait tomber dans les contraintes du monde matériel, le revêtement physique (l’habit) et moral (la piété) devenant nécessaire (cf. 22 & 26/7 al-A‘râf).

—Ainsi, deux points majeurs à retenir de cette brève présentation :

1-la spécificité de la relation entre les deux éléments de cette paire/couple (c’est-à-dire entre l’homme et la femme) à l’origine de l’humanité ;

2-la spécificité du rôle de la femme dans le cadre de cette relation entre les deux éléments de cette paire/couple (c’est-à-dire entre l’homme et la femme) à l’origine de l’humanité ;

 

Dans ce cadre, les spécificités de la femme peuvent être résumées ainsi :

—Il y a celles concernant la maternité : le fait de porter les enfants et de les mettre au monde, le fait de les nourrir de son propre lait (c'est-à-dire que son corps le fabrique lui-même), le fait de veiller sur eux, au moins aux premiers temps après leur naissance. Cette spécificité fait de la femme le dépôt de l'humanité. C'est elle qui assure sa postérité et la pureté (ou non) de sa descendance. Ce n'est sans doute pas pour rien que quand la mère de Mariam mit au monde son enfant qu'elle avait dédié au Temple, ce fut une fille et non pas un garçon. Et bien que dans tout le Coran, Dieu Tout-Puissant insiste sur le fait qu'il n'y a pas de différence entre l'homme et la femme, là Dieu dit par la voix du noble Coran en commentaire de la phrase de la mère de Mariam : Par le Nom de Dieu. {Seigneur, voilà que j'ai accouché d'une fille – Dieu sait mieux ce qu'elle a mis au monde ! Et le garçon n'est pas comme la fille.}(36/3 Ali 'Imrân)(3)

Selon l’Ayatollah Jawâdî al-Amolî, cette distinction introduite entre le garçon et la fille n'est pas pour indiquer la préférence du premier sur la seconde, mais dans le but de rappeler les différences en ce monde et le rôle spécifique de chacun. Aucun père ne pourra jamais jouer le rôle de la mère.

De plus, il est à noter qu’aucune femme, autre que Mariam fille de ‘Imrân, n'a reçu directement l'Esprit de Dieu, de façon spécifique. « Par ses hautes qualités morales, par la maîtrise des trois forces, sa pureté, sa foi et sa soumission à Dieu, Marie, fille de ‘Imrân a sauvegardé la Religion de Dieu et en a assuré la permanence à une époque où les représentants de la Religion de Dieu étaient si corrompus qu'ils ne pouvaient pas assurer sa permanence par la voie reconnue alors. »(4)

De même, il n'est sans doute pas anodin que les Imams infaillibles(p) de la famille du dernier(s) des Prophètes descendent du Prophète(s) par l'intermédiaire de sa fille, sayyida Fâtimah az-Zahrâ'(p).

Enfin, une dernière remarque à propos de la maternité : Si la mère meurt pendant l'accouchement, elle est considérée comme une martyre et reçoit les récompenses du martyre, c'est-à-dire comme le combattant qui tombe sur le champ de bataille contre les ennemis de Dieu. Ce n’est pas parce que l’Occident a totalement dévalorisé cet aspect de la vie de la femme qu’il faut considérer la maternité comme un ordre trivial.

—Après la naissance, vient la question de la famille, qui est le lieu qui assure un bon milieu pour l'éducation des enfants (les élever et les former dans les meilleures conditions). Et la question de la famille comporte plusieurs aspects : le couple, l'éducation des enfants, la maison.

Si la femme se sent en sécurité (psychiquement et moralement), au sein de la famille, si le mari est un vêtement pour elle de façon véritable et elle de même pour lui, si cet amour/affection et cette miséricorde sont présents et si les droits et les devoirs de chacun sont respectés et appliqués, alors beaucoup de problèmes peuvent être résolus ou supportés. Le mariage n'est pas une histoire du ‘grand amour’, comme on le présente dans les médias, etc.. Il est avant tout une sorte de contrat social pour satisfaire les besoins vitaux des êtres humains (matériels, affectifs, sécuritaires). Le ‘grand amour’ est pour Dieu et par suite pour Ses Manifestations. D'ailleurs, on peut noter que, dans le noble verset qui parle de cette relation particulière entre l’homme et la femme (21/30 ar-Rûm), c’est le mot (mawaddat) qui est cité et non pas le mot (hubb).

De plus, l'Islam a donné à la femme un rôle grandiose en la chargeant de l'éducation des enfants (tout en ne la lui rendant pas obligatoire). C'est la charge, la mission des Prophètes(s), ce pour quoi ils(p) ont été envoyés : c'est-à-dire éduquer les gens. Et personne ne peut les remplacer dans cette tâche. Cependant les femmes sont les premières à pouvoir répandre la bonne parole auprès des générations futures.(5)

L'imam al-Khomeynî(qs) disait que Dieu a accordé à la femme une miséricorde inépuisable, une patience infinie, une grande abnégation pour faire face aux peines et aux tourments depuis la grossesse, l'accouchement, la première enfance, jusqu'à la fin. Il(qs) disait qu’une nuit de la mère passée à veiller sur son enfant avait plus de valeur que des années de vie d'un père responsable ! En élevant et en éduquant convenablement une personne, la femme rend un service immense à la société.

—En résumé, c'est la femme qui reçoit les semences de l'avenir, c'est elle qui met au monde de nouvelles générations et qui les forme, c'est elle qui assure la paix et la sécurité du noyau de la famille. Et personne ne peut le faire à sa place.

—La clef de la réussite d'une société réside dans la sauvegarde de la famille qui est la cellule fondamentale de la société. Sa vitalité intérieure nait de cette complémentarité entre l'homme et la femme, de la répartition des rôles de l'un et de l'autre, de cette harmonie qui s'en dégage.

Là se réalisent le bonheur et le perfectionnement des uns et des autres. L'intégrité ou la corruption d'une société prend sa source dans l'intégrité ou la corruption des femmes dans cette société.

—Est-ce que ces spécificités concernant les femmes (ainsi que celles des hommes, comme la prise en charge matérielle de la famille, le jihâd pour la protection (extérieure) de la société, et celles du couple qui n’ont pas été citées ici) entraînent des modes de vie différents pour les uns et les autres qui, à leur tour, ont des effets sur le comportement des uns et des autres, et par suite sur leur foi et leurs raisons ?

—Est-ce à ce niveau-là que cherchait à intervenir le Prince des croyants(p) – c’est-à-dire celui de cette situation en ce bas-monde liée au couple, à l’interaction entre les deux éléments du couple, où le shaytân est aux aguets, fondamental pour l’évolution de la société – pour mettre en garde contre certains de ses dangers, apparus de façon manifeste lors de la bataille d’al-Jamal ?  A suivre..

(1)1/4 an-Nisâ’ يَا أَيُّهَا النَّاسُ اتَّقُواْ رَبَّكُمُ الَّذِي خَلَقَكُم مِّن نَّفْسٍ وَاحِدَةٍ وَخَلَقَ مِنْهَا زَوْجَهَا وَبَثَّ مِنْهُمَا رِجَالاً كَثِيرًا وَنِسَاء

(2)cf. L.S. No25 pp24-25.

(3)36/3 Ale ‘Imrân رَبِّ إِنِّي وَضَعْتُهَا أُنثَى وَاللّهُ أَعْلَمُ بِمَا وَضَعَتْ وَلَيْسَ الذَّكَرُ كَالأُنثَى

(4)cf. L.S. No49 pp24-25 citant l’Ayatollah Jawad al-Amolî in « Al-Mar’at fî mirât al-Jamâl wa a-Jalâl » pp122-156.

(5)cf. L.S. No37 pp24-25 sur la femme et la famille de l’imam al-Khâmine’î(qDp).

www.lumieres-spirituelles.net     No118 – Rabî‘ I & II 1444 – Octobre-Novembre 2022


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