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2022-11-22 | Readers 50 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Le verset 63/(21) al-Anbiyâ’


Le verset 63/(21) al-Anbiyâ’

بسم الله الرحمن الرحيم،

Bi-smi-llâhi ar-Rahmâni ar-Rahîmi,

 

Par le [ou Grâce au] Nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux

 

قَالَ بَلْ فَعَلَهُ كَبِيرُهُمْ هَذَا فَاسْأَلُوهُمْ إِن كَانُوا يَنطِقُونَ

Qâla bal fa‘alahu kabîruhum hadhâ fa-s’alû-hum in kânû yantiqûna

 

Et en français, selon une traduction littérale (sauf le premier mot que nous allons étudier) :

Par le Nom de Dieu le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux

{Il dit : (bal) ! La plus grande d’entre elles que voici l’a fait,

alors interrogez-les si elles parlaient(1).}(63/21 al-Anbiyâ’)

Dans le cadre d’un programme spécial effectué durant le mois de Ramadan 1443H à l’adresse des francophones pour les encourager à ne pas se contenter de lire le noble Coran en français et à revenir au texte original, dans sa langue d’origine en l’occurrence divine ici – même sans connaître l’arabe –, trois versets coraniques ont été présentés, que nous allons reproduire dans trois numéros de la revue. Dans chacun de ces versets, l’accent a été porté sur la compréhension (et donc la traduction) d’un mot qui jette une lumière particulière sur le comportement d’un Prophète(p), mot que le lecteur francophone pourra facilement retrouver dans le Dictionnaire du vocabulaire du noble Coran(2). Ainsi le lecteur francophone se rendra compte de lui-même comment la traduction d’un mot en une autre langue que celle d’origine, divine, peut le priver de certains enseignements, et même, parfois, l’entraîner vers un sens qui entre en contradiction avec les fondements de croyances provenant du Coran-même et des enseignements du Messager de Dieu(s) et de sa sainte famille(p). Voici le deuxième verset : 63/21 al-Anbiyâ’.

Tout le monde connaît l’histoire du Prophète Ibrâhîm(p) qui a mis en pièces toutes (sauf une) les idoles/statues adorées par les notables et le peuple d’Irak où il(p) se trouvait alors. En voyant leurs statues/idoles démolies (sauf une), les notables interrogèrent le Prophète Ibrâhîm(p) (que certains avaient vu faire) pour lui demander si c’était bien lui qui avait détruit ces statues. Il(p) répondit alors :

{(Bal) ! La plus grande d’entre elles que voici l’a fait, alors interrogez-les si elles parlaient(1).}(63/21 al-Anbiyâ’)C’est-à-dire, il(p) répondit d’abord par ce mot « bal » (que nous allons étudier) puis par ce qui suit dans le verset.

Que veut dire ce mot (bal) (بَلْ), traduit la plupart du temps par une négation ? Pour le savoir, nous allons voir le Dictionnaire du vocabulaire du noble Coran(2).

dCe que dit le Dictionnaire du vocabulaire du noble Coran :

La première lettre commençant par un (b) (ب), nous allons chercher le mot au début du Dictionnaire.

Nous le trouvons facilement à la page 43. Le mot (bal) (بَلْ) vient de la matière (ou racine) (balw) (بَلو) :

(balw) بَلو

L’idée fondamentale unique en la matière (ou racine) : faire survenir des transformations, renversements ou changements pour atteindre ou obtenir les résultats attendus, avec gêne et limitation.

—(bal) (بَلْ) : particule qui exprime la modification, la transformation, la rectification (d’une qualité ou d’un acte), de façon voulue, sans pour autant annuler, nier la véracité de ce qui a été dit précédemment, bien plus, même, voire, plutôt, au contraire (cf. 63/21 al-Anbiyâ’).

 

Selon ce Dictionnaire, ce n’est donc pas une particule de négation comme () (لا) ou (kalâ) (كَلا)(Non !, Ce n’est pas [moi]..), mais une particule que l’on pourrait traduire par « bien plus », « bien plutôt », « voire », etc., qui modifie, ajoute quelque chose sans nier la vérité de ce qui a été dit précédemment.

dQuestions supplémentaires :

Des questions peuvent surgir :

—Pourquoi a-t-il(p) commencé sa réponse par ce mot (bal) (بَلْ) ?

—Pourquoi le Prophète Ibrâhîm(p) n’a-t-il pas employé la particule de négation « non ! » () (لا) ou (kalâ) (كلا) ou « ce n’est pas moi » ? Quel était son objectif ?  

—Y aurait-il un problème s’il(p) avait employé une particule de négation, d’un point de vue moral ? rationnel ?

dQue disent les Infaillibles(p) et les savants ? :

®Selon sayyed TabâTabâ’î(qs), dans son Tafsîr al-Mîzân (vol.14 pp245-246), la réponse du Prophète Ibrâhîm(p) n’était pas une information affirmative, sérieuse, [dans le sens d’affirmer que ce n’était pas lui(p) qui les avait détruites, réponse qui pourrait être considérée comme un mensonge] mais une parole (une prétention) devant provoquer une controverse, même une querelle, en accusant la seule statue qu’il(p) n’avait pas détruite d’avoir détruit toutes les autres et de plus en poussant ses interlocuteurs à l’interroger, comme si une statue parlait ! 

 

®Ainsi, le Prophète Ibrâhîm(p) ne nie pas avoir détruit les statues. Mais il(p) apporte un ajout, une modification, certes provocatrice, pour pousser ses interlocuteurs à réfléchir et à découvrir par eux-mêmes la vérité. Il ne ment pas ni ne cherche à se disculper.

D’ailleurs, ce serait contraire à nos croyances en l’infaillibilité, en la sagesse et en la haute morale des Prophètes et des Messagers de Dieu ! En effet, le Prophète Ibrâhîm(p) savait très bien ce qu’il(p) faisait en détruisant ces statues et pourquoi il(p) le faisait, et il(p) savait très bien qu’il(p) allait provoquer une réaction hostile à son encontre de la part de ces notables en le faisant. « Il voulait prouver l’Unicité divine dans une position de force, n’ayant pas peur de leurs idoles/statues. »(3)

 

®Alors, pourquoi a-t-il(p) commencé sa réponse par ce petit mot (bal) (بَلْ) ?

Parce qu’il(p) voulait susciter une controverse, même une altercation avec les associationnistes !

Il(p) voulait les pousser à se rendre compte d’eux-mêmes que les idoles qu’ils adoraient ne sont que des statues de pierre : qui n’ont aucun pouvoir,

qui ne parlent pas,

qui n’ont même pas pu se défendre quand il(p) les a brisées en mille morceaux,

bref ! {qui ne leur sont en rien utiles ni ne leur nuisent}(66/21 al-Anbiyâ’).

Il(p) voulait qu’ils découvrent par eux-mêmes leur erreur et leur égarement ! « Il voulait brûler les murs épais de l’habitude pour leur faire toucher la lumière de la fitra. »(3)

D’ailleurs, ils s’en rendirent compte mais leur entêtement, leur orgueil et leur suivi des passions prirent rapidement le dessus et ne leur permirent pas de tirer les bonnes conclusions et de reconnaître leur erreur. Au contraire, ils persistèrent dans leur orgueil, leur égarement et leur fanatisme !

 

®Ainsi la méthode employée par le Prophète Ibrâhîm(p) est un bel exemple de dialogue avec des non-musulmans qui s’entêtent dans leurs croyances erronées, mettant en évidence deux règles à suivre :

§la première, de pousser les gens à réfléchir et à découvrir d’eux-mêmes leurs erreurs ;

§la seconde, morale, qui est que la fin ne justifie pas les moyens, c’est-à-dire le fait de faire quelque chose d’illicite (en l’occurrence ici de mentir) pour arriver à ses fins, aussi légitimes et louables soient-elles, en vue de dresser pleinement et clairement l’Argument (de Dieu) !

En même temps, nous avons pu voir combien il est délicat de rester tributaire de traductions du noble Coran (aussi bonnes soient-elles) qui peuvent parfois même entrer en contradiction avec les fondements de croyances découlant du noble Coran et des enseignements du Prophète(s) et des membres purs de sa famille(p), et combien il est important de rester en contact direct avec le texte d’origine divine, mais sans connaître la langue arabe, pour ne pas se fermer les portes d’accès aux sens voulus par Dieu (qu’Il soit Glorifié) !

(1)Il peut sembler incorrect à certains de mettre le verbe (parler) à l’imparfait en français. La traduction de ce verset est littérale, c’est-à-dire la plus proche de la version originale en arabe où un temps du passé est employé. Sans doute, le temps du passé a été employé dans ce verset pour interpeller (voire provoquer) davantage les interlocuteurs d’alors qui savaient très bien que les statues ne parlaient pas (avant comme maintenant). On peut noter aussi l’emploi du pluriel alors qu’elles ont toutes été détruites sauf une.

(2)Un abrégé en français d’« at-Tahqîq fî kalimât al-Qur’ân al-karîm » de sh. H. al-Mustafawî, présenté dans la revue Lumières Spirituelles No114 pp32-33 – Pour écouter et voir sa présentation : https://youtu.be/n4bysY55MDY.

(3)« al-Khilâfat al-ilâhiyyat bayna al-isrâr wa-l-i‘lân » de s. Rabî‘ al-Hussaynî, p161.

www.lumieres-spirituelles.net     No119 – Jumâdî I & II 1444 – Décembre-Janvier 2023


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