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2023-01-18 | Readers 85 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

L’avidité (al-hirs) (10) 5-Son traitement (3)


L’avidité (al-hirs)(10)

5-Son traitement(3)

Voici l’étude d’une première maladie du cœur liée à l’amour (blâmable) pour les biens/argent : l’avidité (al-hirs). Après avoir vu sa définition, ses marques/signes, ses effets et ses origines, voici la fin du traitement de cette grave maladie. Après avoir vu la lutte au niveau du savoir, voici la fin de celle au niveau des actes.

B/La lutte au niveau des actes (fin)

3)S’efforcer d’ancrer le contentement (al-qanâ‘at) dans le cœur

De même, il s’agit de lutter contre l’avidité par un autre de ses contraires : le contentement (al-qanâ‘at).

« Le médicament contre l’avidité est le contentement (al-qanâ‘at) et il est composé de trois piliers :

1-la patience –  2-le savoir – 3-l’acte. Et l’ensemble de cela, de cinq choses.

a)L’acte

La pondération (al-iqtisâd)(1) dans le mode de vie et la douceur (ar-rifq) dans la dépense.

Celui qui veut la puissance/dignité du contentement (al-qanâ‘at) doit se fermer à lui-même les portes des dépenses autant qu’il le peut et renvoyer son âme vers ce qui est nécessaire parce que ses dépenses, à cause de ses nombreuses sorties, augmentent et le contentement ne prend pas place. Il doit se convaincre de se contenter d’un seul vêtement rugueux, de n’importe quelle nourriture, etc. S’installera alors le contentement en lui-même. » (…)

Al-Fayd al-Kâshânî cite alors des hadiths du Messager de Dieu(s).

« Il est rapporté du Messager de Dieu(s) :

 « Ne s’appauvrit pas celui qui agit avec pondération. »(2)

 « Trois choses salvatrices : 1-la crainte de Dieu en secret et en public 2-le juste milieu dans la richesse et la pauvreté 3-la justice dans la satisfaction et dans la colère. »

 « La gestion, la moitié du mode de vie. »

 « Dieu enrichit celui qui dépense avec pondération (aqtasada) ;

Dieu appauvrit celui qui gaspille

et Dieu aime celui qui évoque Dieu Tout-Puissant. » »

 Al-Mahajjah al-baydâ’ d’al-Fayd al-Kâshânî vol.6 pp54-55

b)Ne pas désespérer dans une situation difficile

Si une personne « est dans une situation où elle doit se contenter de peu, elle ne doit pas être troublée, anxieuse pour l’avenir. Cela signifie :

-avoir l’espoir court [c’est-à-dire ne pas croire qu’il y a du temps, le contraire de l’espoir long] ;

-réaliser que les subsistances qui lui ont été mesurées, arriveront nécessairement ;

-ne pas renforcer l’avidité parce que la forte avidité n’est pas la cause de l’arrivée des ressources ;

-avoir confiance dans la Promesse de Dieu(3) – alors que le shaytân la menace de pauvreté et lui ordonne la turpitude(4). »

Al-Mahajjah al-baydâ’ d’al-Fayd al-Kâshânî vol.6 p56

c)« Savoir ce qu’il y a de puissance/dignité dans le contentement et d’humiliation dans l’avidité et la convoitise.

[Cf.ce qui a été dit précédemment sur ce point dans la rubrique (at-tawakkul).]

d)Evoquer ce que sont devenus les peuples avides et, à l’opposé, le devenir des Prophètes(p).

[Cf.ce qui a été dit précédemment sur ce point dans le 4e paragraphe de la 1e partie sur le plan du savoir.]

Bien y réfléchir jusqu’à ce qu’il y ait des effets sur l’âme et le cœur.

e)Comprendre le danger que représente l’accumulation des biens/argent.

[Cf. ce qui a été dit précédemment sur ce point.]

Abû Dhar disait que le Messager de Dieu(s) lui conseillait de regarder celui qui est en-dessous de lui et pas celui qui est au-dessus de lui. »

Al-Mahajjah al-baydâ’ d’al-Fayd al-Kâshânî vol.6 pp57-58

(Ces 5 points ont également été repris par sh. Narâqî in Jâmi‘u as-sa‘âdât  (vol.2 pp339-340

et par sh. Makârem ash-Shîrâzî in  Al-Akhlâq fî-l-Qurân, vol.2 pp86-88, avec des petites variantes.)

Il est rapporté de l’Imam as-Sâdeq(p) :

« Celui qui est satisfait de Dieu du peu dans son mode de vie, Dieu est Satisfait de lui par le peu de ses actes. »(5)

4)Se rappeler la mort et l’Au-delà

Il est rapporté de l’Imam as-Sâdeq(p) :

« Le rappel de la mort fait mourir les instincts/passions de l’âme, coupe les pousses de la négligence, renforce l’âme dans les engagements [ou (rendez-vous) comme les moments de la prière], asservit le tempérament (at-taba‘), casse les étendards des passions, éteint le feu de l’avidité et rend méprisable le monde ici-bas. »(6)

Par rapport à l’avidité, il ne s’agit pas seulement de se rappeler ses méfaits funestes en ce monde (aux niveaux individuel et civilisationnel) et dans l’Au-delà (une place assurée en Enfer), mais aussi se rappeler la vanité de ce monde éphémère. La mort attend inévitablement chacun d’entre nous et à ce moment-là cet argent amassé ne sera d’aucune utilité. Comme une aumône dans la voie de Dieu, aussi petite qu’elle soit, serait plus profitable !

En conclusion

« Certains peuvent s’imaginer que l’Islam ne s’harmonise pas avec l’évolution de la vie matérielle, en ce monde pour les gens ou qu’il a une vision négative de l’évolution matérielle, scientifique. (…)

Non ! Il considère que les dons matériels en soi sont des outils, des moyens pour atteindre les autres buts, réaliser les ambitions de l’être humain durant la vie et l’élever dans les degrés de la perfection morale et humaine.

Mais s’ils sont utilisés pour autre que ces objectifs, pour satisfaire ses passions et ses instincts/passions, il s’éloignera de ces buts en vue desquels il a été créé et il va sombrer dans les abîmes des vices et l’avilissement moral, le coupant des enseignements islamiques. (…)

L’Islam ne prône pas l’isolement comme certains soufistes ou l’abandon des activités économiques, scientifiques, etc.

Al-Akhlâq fî-l-Qurân de sh. Makârem ash-Shîrâzî, vol.2 pp88-89

Et ainsi s’achève l’étude de la 1ère maladie du cœur liée à l’amour (blâmable) des biens/argent, l’avidité.

(1)« al-iqtisâdî » : nom tiré de la 8e forme dérivée (pouvant noter un réfléchi-passif de la première forme ou une action que le sujet fait à son profit) de « qasada » (= s'orienter vers un acte et se mettre à le faire, la dernière étape de la volonté pour passer à l'acte) = ce mot indique à la fois le choix de s'orienter et de passer à l'acte. Il ne se limite pas au sens matériel ou à ce mode de vie traduit en français par « économie ». Il est rapporté de l'Imam as-Sâdeq(p) à propos de quatre personnes dont les invocations (prières) ne sont pas exaucées. Un homme « dit : « Mon Dieu ! Pourvois-moi ! » Il lui est dit : « Ne t'ai-Je pas ordonné la pondération (al-iqtisâd) ?! Ne t'ai-Je pas ordonné la réforme ?! » Puis il dit : « {[Les serviteurs du Tout-Miséricordieux, sont ceux(v.63)..]qui, lorsqu'ils dépensent, ne sont ni prodigues ni avares, mais qui se tiennent entre cela [entre les deux].}(67/25 al-Furqân) ». »(Kâfî vol.2, p479 Bâb 427 H2 min lâ tustaiâb duwâtuhu)  Il s'agirait donc, derrière cette demande d’« al-iqtisâd », de pouvoir jouir d'une sorte de gestion saine de la vie, d'une façon orientée, prenant un cheminement vers un but déterminé, menée de façon pondérée.

« Le mot « iqtisâd » vient du mot « qasada » : se diriger vers. Il est une sorte de gestion saine de la vie, construite sur l'orientation et le cheminement vers un but déterminé, pour que la vie de l'individu soit bien visée dans toutes ses dimensions, c'est-à-dire visant le But. Les gens ont limité le sens du mot « iqtisâd » à sa dimension financière et ont vu que diminuer les dépenses leur permet d'arriver à ce qu'ils veulent. Avec le temps, le sens d'« iqtisâd » s’est limité à celui d'économiser, de faire des restrictions, de diminuer les dépenses. Il n'est pas demandé à l'être humain de diminuer ses dépenses ni d’être prodigue mais de dépenser de façon juste et de rendre toutes les dépenses de sa vie en vue de servir un objectif clair et déterminé. Et c'est cela qui pourvoit l'être humain d'une jouissance particulière. Il ressent de la bénédiction dans sa vie et dans ses dépenses. Au contraire de ceux qui dépensent beaucoup ou qui sont avares, qui ressentent la vie comme un poids s’alourdissant jour après jour, à qui il manque cette bénédiction et cette jouissance. Aussi petite que soit la dépense, l'individu qui vit dans la pondération, ressentira du plaisir de vivre. » (L’invocation des nobles actes et qualités de la morale de l’Imam as-Sajjâd(p), commentée par s. Abbas Noureddine, pp202 & 205 aux Ed. B.A.A.)

(2)Safînat al-Bihâr, vol.2 p431.

(3)6/11 Hûd {Il n'y a point de bête sur terre dont la subsistance n'incombe à Dieu qui connaît son gîte et son dépôt ; tout est dans un Livre explicite.}(6/11 Hûd     وَمَا مِن دَآبَّةٍ فِي الأَرْضِ إِلاَّ عَلَى اللّهِ رِزْقُهَا وَيَعْلَمُ مُسْتَقَرَّهَا وَمُسْتَوْدَعَهَا كُلٌّ فِي كِتَابٍ مُّبِينٍ

(4)Cf. 268/2 al-Baqara  {Le diable vous menace de la pauvreté et vous ordonne la turpitude.} الشَّيْطَانُيَعِدُكُمُالْفَقْرَوَيَأْمُرُكُمْبِالْفَحْشَاءِ

(5)Usûl al-Kâfî, vol.2 Kitâb al-iman wa-l-kufr, Bâb 249 al-qanâ‘at, p146 H3.

(6)Mustadrak al-wasâ’il, vol.2 p105.

www.lumieres-spirituelles.net     No120 - Rajab-Sha‘bân 1444 – Février-Mars 2023


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