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2023-01-18 | Readers 68 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Le Bouddhisme non-théiste ? (2)


Le Bouddhisme non-théiste ? (2)

Pour mieux connaître et comprendre le bouddhisme, nous reproduisons ici un passage du livre « Islam et Bouddhisme un fond commun »(1) de Reza Shah-Kazeni abordant la question du non-théisme, qualification souvent attribuée au bouddhisme.

« Nul ne peut nier que la doctrine du Bouddha est non-théiste : il n’y a pas de Divinité personnelle jouant le rôle de Créateur, Révélateur et Juge dans le Bouddhisme.

Mais affirmer que la doctrine du Bouddha est « athée » reviendrait à attribuer au Bouddha un rejet et une négation explicites de l’Absolu – ce que l’on ne trouve nulle part dans ses enseignements.

La citation de l’Udâna(2)(et autres) établit clairement que le Bouddha concevait effectivement l’Absolu, et que cet Absolu est affirmé comme l’ultime Réalité vers laquelle il faut « s’échapper ». Il y a une conception – et par conséquent une affirmation – de cette Réalité, aussi « minimaliste » soit-elle comparée à la conception théologique plus détaillée que l’on retrouve dans l’Islam. La présence d’une conception et d’une affirmation de l’Absolu ne permet guère de qualifier la doctrine bouddhiste d’athée. »(3)

[Nous avions vu que la principale préoccupation du Bouddha était l’échappée de l’asservissement vers la sécurité suprême pour y trouver la délivrance.(4)]

« Autrement dit, le Bouddha ne se préoccupait pas en premier lieu de décrire les divers degrés de l’Absolu en mode théologique, mais plutôt de souligner le besoin impérieux de s’échapper vers l’Absolu ; c’est-à-dire, de s’échapper des douloureuses illusions du relatif – le composé – en direction de la réalité béatifique de l’Absolu, qui est le Nirvanâ. (…)

Dans une situation d’extrême urgence, nous ne demandons pas de subtiles définitions de ce qui va nous sauver. C’est cette urgence que les enseignements bouddhiques abordent directement ; c’est elle qui détermine les modalités et le langage du message du Bouddha. (…)

Le fait que le Bouddha refusa dans l’ensemble de parler du processus par lequel les éléments « composés » s’assemblent dans le monde que nous voyons autour de nous, n’implique pas nécessairement la négation de l’existence objective d’une dimension de l’Absolu que l’on peut appeler « le Créateur ». Le silence du Bouddha faisait partie de sa « rhétorique mystique », pourrait-on dire : l’accent dialectique de ses enseignements était mis sur l’échappée de la souffrance liée au monde composé, plutôt que sur la compréhension du processus cosmologique par lequel on devient esclave de ce monde composé. (…)

Ce mode rhétorique ou dialectique doit se comprendre en référence à la nature spécifique du monde ambiant dans lequel le Bouddha promulgua son message. (…)

Ce contexte se définissait comme une culture brahmanique, largement pharisaïque(5)et formaliste (…) où l’immanence avait détrôné la transcendance ; on confondait l’immortalité de l’âme avec l’éternité de l’Absolu. »(6)

« Ces assertions sur la nature des choses exemptes de commencement – et donc l’absence d’un Créateur – tiennent davantage de la pédagogie mystique que de la théologie rationnelle, ou d’une négation de l’existence du Créateur. (…) Elles focalisent l’attention sur le fait que la sagesse ou l’illumination est la réalité éternellement présente qui jamais n’a point été ; l’absence de sagesse est ce qui est illusoire, et l’idée même qu’elle aurait pu être non-existante, pour ensuite être « née », aliène l’esprit dans les illusions de la succession temporelle en le tenant éloigné de la réalité de l’Eternité. »(7)(…)

« La philosophie bouddhique peut donc se lire comme un développement du (nafî), la négation, du premier témoignage de l’Islam : (lâ ilâha) « point de divinité ». L’(ithbât), ou l’affirmation [dans la deuxième partie du témoignage (ash-shahâdat)] : (illâ-Llâh) « si ce n’est Dieu », peut se lire, dans ce contexte, comme l’intuition d’une Réalité ineffable qui apparaît dans la mesure même où toutes les fausses conceptions de la Réalité ont été éliminées. »(8)

S’agit-il d’une interprétation du bouddhisme faite par un croyant musulman ou d’une juste perception de la réalité du bouddhisme reconnue par certains de ses adeptes ?

(1)« Islam et Bouddhisme un fond commun » aux Ed. Les deux Océans, Paris 2010 p48.

(2)Udâna (80-81) : « Il y a, ô moines, un non-né, non-devenu, non-fait, non-composé ; et si, ô moines, ce non-né, non-devenu, non-fait, non-composé n’existait pas, il n’y aurait point d’échappée possible pour ce qui est né, devenu, fait, composé. Mais puisqu’il y a, ô moines, un non-né, non-devenu, non-fait, non-composé, ainsi peut s’échapper ce qui est né, devenu, fait, composé. ».

(3)« Islam et Bouddhisme un fond commun » pp70-71.

(4)Cf. L.S. No 111 – Bouddha un Messager ?

(5)dans le sens d’hypocrite, en allusion à une tribu juive du 2e siècle avt JC, les Pharisiens.

(6)« Islam et Bouddhisme un fond commun » pp72-73. – (7) idem p78. – (8) idem p82.

www.lumieres-spirituelles.net     No120 - Rajab-Sha‘bân 1444 – Février-Mars 2023


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