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2023-11-12 | Readers 769 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Le verset 133 de la sourate al-A‘raf (7)


Le verset 133 de la sourate al-A‘raf (7) 

بسم الله الرحمن الرحيم،

Bi-smi-llâhi ar-Rahmâni ar-Rahîmi,

Par le [ou Grâce au] Nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux

فَأَرْسَلْنَا عَلَيْهِمُ الطُّوفَانَ وَالْجَرَادَ وَالْقُمَّلَ وَالضَّفَادِعَ وَالدَّمَ آيَاتٍ مُّفَصَّلاَتٍ

فَاسْتَكْبَرُواْ وَكَانُواْ قَوْمًا مُّجْرِمِينَ

Fa-arsalnâ ‘alayhimu at-tûfâna wa-l-jarâda wa-l-qummala wa-d-dafâdi‘a wa-d-dama

 âyâtinn mufassalâtinn fa-stakbarû wa kânû qawmann mujrimîna

Nous avons alors envoyé contre eux l'ouragan, les sauterelles, les poux (ou teignes),

les grenouilles et le sang, des signes séparés de façon claire,

alors ils s'enflèrent d'orgueil et ils étaient un peuple criminel.

Petit intermède dans l’étude de l’imam al-Khâmine’î(qDp) du verset du Trône (d’al-Kursî) et des deux versets attenants, pour étudier le verset 133 de la sourate al-A‘râf (7), l’un des deux versets qui citent le mot (at-tûfân), nom qui a été donné à l’opération de la résistance palestinienne contre l’occupant sioniste et qui a déclenché cette nouvelle tentative d’extermination du peuple palestinien par les dirigeants sionistes avec la complicité de l’Occident.

Dans un premier temps, nous allons procéder au défrichage du vocabulaire de ce verset en nous aidant d’« at-Tahqîq fî kalimât al-Qurân » de sh. H. al-Mustafawî(1)puis nous allons dégager des axes de réflexion à partir des interprétations de ce verset par s. TabâTabâ’i (« Tafsîr al-Mîzân »), sh. Makârem Shîrâzî (« al-Amthal ») et sh. Mahmoud al-Bustânî (« Tafsîr al-binâ’î li-l-Qurân al-Karîm »).

Etude lexicale de ce verset

Ÿ(at-tûfân) nom dérivé de (tawf) dont l’idée fondamentale unique en la matière est le mouvement autour de qqch, matériellement ou moralement, que ce soit (ou pas) un ordre demandé.

-(at-tûfân) le nom dérivé est constaté le fait de tourner, de tourbillonner, avec l’affrontement, la violence du mouvement, l’offensive et le fait de l’emporter à propos de toute chose : tornade, trombe, ouragan.(2)

Ce mot est cité deux fois dans le noble Coran : dans ce verset – à propos du Prophète Moussa(p)(et de ceux qui ont cru en lui(p)et en son Message divin) et de Pharaon (et de son peuple ou groupe de gens qui le suivaient pour différentes raisons) – et dans le verset 14/29 al-‘Ankabût – à propos du Prophète Nûh(p)et de son peuple qui, malgré sa présence auprès de lui pendant 950 ans, ne crut pas. Il fut emporté par le (tûfân) (communément traduit par le mot « déluge ») –.

Aussi avons-nous réservé le mot « déluge » au contexte du Prophète Nûh(p)en tant que « cataclysme consistant en des précipitations continues submergeant la terre »(3)auquel seule l’arche du Prophète h(p)échappa. Et nous avons préféré traduire ici ce mot (tûfân) par « ouragan »(4).

Nous ne retiendrons pas (dans cette étude) les autres épreuves que Dieu envoya à Pharaon et à ses gens (les sauterelles, les poux (ou teignes), les grenouilles et le sang – où de plus il n’existe pas de problème de traduction).

Ÿ(Âyâtinn) au pluriel : mot tiré de la racine (awâ, ya’wî) (dont l’idée fondamentale unique en la matière est le fait de se diriger vers une station, en en prenant l’initiative, ou en retour, matériellement ou spirituellement, en vue du repos, de la stabilité ou de la détente), cité dans un contexte de s’orienter vers le but visé et étant un moyen pour y arriver : des signes (de façon indéterminée).(5)

Ÿ(mufassalâtinn) : participe passif de la 2e forme dérivée de (fasala) dont l’idée fondamentale unique en la matière est  le fait de délier, d’enlever le lien, plus général que d’être dans un ordre matériel ou moral. Sa 2e forme dérivée (l’accent étant mis sur la réalisation de l’acte) prend le sens de couper, départager, séparer (deux choses ou plus), exposer de façon claire et détaillée. Et donc son participe passif (mufassal) indique ce qui est séparé de façon claire.(6)

Ainsi « {des signes séparés de façon claire} indique qu’ils [ou (elles) si on parle d’épreuves] leur ont été envoyés, non pas regroupés en une seule fois mais de façon séparée les uns des autres, apparaissant clairement qu’ils sont des Signes divins, voulus, non pas aléatoires, ni de façon immesurée. »(7)

Ÿ(fa-stakbarû) la 10e forme dérivée (indiquant la demande) du verbe (kabura) (dont l’idée fondamentale unique en la matière (ou racine)indique la grandeur de façon relative – ce qui est grand pouvant être petit par rapport à quelque chose de plus grand –, utilisé pour qualifier des choses matérielles, morales ou spirituelles) : demander la grandeur, s’enorgueillir, devenir arrogant.(8)C’est-à-dire, au lieu de prendre en considération ces épreuves, de se rappeler et de réfléchir sur leurs causes et leurs origines (de Dieu), Pharaon et ses gens devinrent encore plus orgueilleux, arrogants, s’entêtant dans leur refus de croire en Dieu.

Ÿ(qawmann) : groupe de gens (hommes et/ou femmes) se dressant de lui-même pour la gestion de ses affaires, déterminé par rapport à un temps et/ou à un lieu : peuple, peuplade, tribu.(9)

Ÿ(mujrimîna) pl. ext. de (mujrim), le participe actif de la 4e forme dérivée (le regard étant porté sur l’origine de l’acte) du verbe (jarama) (dont l’idée fondamentale unique en la matière : le fait de couper, de trancher en contradiction des nécessités du vrai/juste. Et en fonction de ces contraintes, le sens varie selon le contexte) : ceux qui commettent des crimes, des délits amenant la coupure de la relation avec Dieu, des criminels.(10)Ainsi la raison donnée par le noble Coran de leur arrogance amplifiée est qu’ils sont des criminels, coupés du vrai, du juste, de la Vérité, de Dieu (qu’Il soit Glorifié).

Après avoir vu le sens des mots, de nombreuses questions viennent à l’esprit. Nous retiendrons celles-ci :

1-Pourquoi Dieu a envoyé ces épreuves ? (C’est-à-dire les raisons (qu’ont-ils fait ?)).

2-Que disait le Prophète Moussa(p)à ceux qui avaient cru en lui(p)et au Message divin, face aux tourments qu’ils subissaient de la part de Pharaon et de ses gens ?

3-Que cherchait à rappeler Dieu par l’envoi de ces épreuves ?

4-Pourquoi Dieu (qu’Il soit Glorifié) raconte cela à son Messager(s)(et par suite à nous) ?

Pour pouvoir y répondre, nous allons voir le contexte de ce verset.

Le contexte de ce verset

Le verset 133 vient après :

-le retour de Moussa(p)auprès de son peuple, mandaté par Dieu Tout-Puissant d’être Son Messager avec Ses Miracles tant auprès de Pharaon et de ses gens (qui ne croyaient pas en lui) qu’auprès de son peuple bani Isrâ’îl (cf. les versets précédents 103 à110) ;

-l’épisode avec les magiciens d’Egypte qui, eux, se soumirent au Dieu de Moussa(p)(cf. les v.111 à 126).

Vient la réponse à la 1ère question : Pharaon et ses gens (que le noble Coran détermine clairement dans le verset 103 : les (malâ’u) c’est-à-dire les notables(11), pourvus de biens ou de notabilité, pouvant être égyptiens (tel Hâmân) ou de banî Isrâ’îl (tel Qârûn(12))) continuèrent à ne pas croire en Dieu, à refuser Ses Signes divins (les miracles qui accompagnaient le Prophète Moussa(p)), à accuser Moussa(p)de magicien/sorcier et à le persécuter davantage ainsi que ceux qui étaient avec lui, dans le but de les garder sous leur domination (cf. le v.127).  

Quant au Prophète Moussa(p), il(p)exhortait ceux qui étaient avec lui à la patience, les poussait à demander l’Aide de Dieu et leur rappelait la Promesse divine en général de la bonne issue pour les pieux, c’est-à-dire pour ceux qui craignent Dieu et non pas pour ceux tels Pharaon et ses gens (cf. le v. 128).

Et comme les gens qui étaient avec lui(p)continuaient à se plaindre auprès de lui(p)des persécutions de Pharaon et de ses gens, il spécifia que peut-être cette Règle générale divine leur sera appliquée. C’est-à-dire que Dieu va anéantir leur ennemi et leur donner la succession (ou la lieu-tenance) sur terre – en les mettant cependant en garde contre leurs propres agissements alors et leur capacité à profiter des expériences passées.

Viennent alors les épreuves de Dieu à l’encontre de Pharaon et de ses gens(13)par la disette et la diminution des gains (cf. le v.130).

Les deux versets suivants montrent que cette première série d’épreuves n’a pas eu l’effet voulu et qu’au lieu d’utiliser leur raison et de réfléchir, Pharaon et ses gens se sont renforcés dans leur entêtement de refuser de croire en Dieu et de tenir compte des dires du Prophète Moussa(p)et des Avertissements divins. Même ! Ils continuèrent à le défier. « Quand la première étape [des épreuves] qui avait entrainé un manque à gagner, n’a pas été profitable pour les réveiller, leur rappeler et les mettre en garde, vint le tour de la deuxième étape représentant des punitions plus dures. »(14)

Et en premier, l’ouragan (le mot cause de l’étude de ce verset 133) (puis les autres). « En tant que Dieu (qu’Il soit Glorifié) ne châtie pas une nation ou un regroupement de gens avant d’avoir achevé l’Argument (al-hujjat) à leur encontre. »(15)

Selon un propos rapporté cité par sayyed TabâTabâ’î dans son Tafsîr, vol.8 p191, tiré du Tafsîr d’al-Qummî, vol.1 p237), de l’Imam as-Sâdeq(p) : « Les maisons de banî Isrâ’îl étaient épargnées de cet ouragan alors que les maisons des gens de Pharaon étaient détruites par l’ouragan. »

Le noble Coran affirme que ces épreuves venaient comme des Signes clairs, voulus, déterminés avec discernement par Dieu, dans le but de les réveiller, de leur faire prendre conscience et de les pousser vers le vrai, c’est-à-dire au repentir. Cependant ce verset conclut qu’ils s’enorgueillissaient de plus en plus, devenaient de plus en plus arrogants, ne profitant pas de leurs expériences car ils étaient en fait des criminels.

Les deux versets suivants (134 & 135) nous expliquent pourquoi Il les qualifie ainsi. En effet, après l’arrivée de chacune de ces épreuves citées dans ce verset 133, le Prophète Moussa(p)intervenait auprès de Dieu pour qu’Il levât ce châtiment, suite à la demande de Pharaon et de ses gens, qui lui avaient alors promis de le croire et de le laisser partir avec banî Isrâ’îl.

Mais à chaque fois que le châtiment avait été écarté, ils négligeaient, défaisaient leurs engagements et reniaient Dieu (Tout-Puissant) – au contraire du peuple du Prophète Yûnus(p)(16). Jusqu’à arriver aux versets 136 & 137 où sont annoncés la fin de Pharaon et ses gens que tout le monde connait, noyés dans les flots, et l’héritage des contrées à ceux qui avaient été opprimés.

Reste la dernière question : Pourquoi Dieu Tout-Puissant a rappelé cette histoire à Son Messager et par suite à nous ? Pour cela, il faut revenir à quelques versets précédents (des v.96 à 102) où sont rappelés :

-que les bénédictions du ciel et de la terre sont liées à la foi en Dieu et à la piété ;

-que malheureusement la plupart des gens des cités considèrent cela comme des mensonges.

-Alors Dieu leur a manifesté Sa Force, Sa Vigueur, Son Châtiment, d’abord en prenant ce qu’ils ont acquis (par Sa Grâce) puis par différentes sortes de châtiment jusqu’à leur disparition – posant la question de comment ils pouvaient se sentir en sécurité de Son Châtiment et de Sa Ruse malgré tout cela.

-Puis, Dieu va donner à Son Messager(s)des exemples de peuples précédents qui ont traité de mensonge Ses Signes et Ses Messagers et qui n’ont pas cru en Lui, dont Dieu a scellé les cœurs, pour que les générations futures profitent des expériences passées. Malheureusement, la majorité des gens sont des incroyants, des dépravés, des dévoyés, ne profitant pas des leçons passées.

-Enfin, Il lui racontera l’histoire du Prophète Moussa(p)(et de ceux qui ont cru en lui) et de Pharaon (et de ses gens).

Il y a donc là une indication générale de la nature de la majorité des gens (qui est de ne pas croire en Dieu et d’être des corrompus, des dévoyés) et un rappel de la Promesse divine, d’abord de façon générale (la terre appartient à Dieu et Il en fait hériter qui Il veut de parmi Ses serviteurs/adorateurs (v.128)), puis de façon spécifique adressée à Moussa(p)(anéantissement des ennemis, héritage de la terre avec suivi de ce qu’ils vont faire alors (v.129) et enfin la réalisation de cette Promesse de façon particulière (v.137).(17)

Tout cela pour faire profiter aux générations à venir (c’est-à-dire, entre autres, nous) des leçons du passé et sans doute préparer la venue de l’Imam al-Mahdî(qa).

Combien ces versets sont d’actualité !

(1)cf. son abrégé en français : le Dictionnaire du vocabulaire du noble Coran, en français aux Ed. B.A.A. – (2)idem p253. – (3)Selon la définition du Petit Robert. – (4)cf. idem, « ouragan » : « forte tempête caractérisée par un vent très violent dont la vitesse dépasse 120 km à l’heure, et spécialement par un vent cyclonal. Au sens figuré, mouvement violent impétueux. » – (5)Dictionnaire p24 & p23. – (6)idem p314. – (7)Tafsîr al-Mîzân, vol.8 p190. – (8)Dictionnaire pp348-349. – (9)idem p345. – (10)idem p66. – (11)idem p391 (nom dérivé de (mala’a) pour désigner un groupe de gens se distinguant par certaines particularités (biens ou autres) par rapport à la société en ce monde ou par rapport au monde immatériel, l’élite, les notables. Cf. le verset 88/10 Yûnus). – (12)Cf. la rubrique « Notre santé morale ‘un esprit sain.. » l’article sur les marques de l’avarice 2-2, l’histoire de Qarûn évoquée dans les versets 76 à 79, sourate al-Qasâs. – (13)le mot employé ici est (âl) rappelant cette contrainte du retour au chef, cf. idem pp22-23 – (14)al-Amthal, vol. 5 p176. – (15)idem p177. – (16)cf. R.L.No124. – (17)cf. Tafsîr al-Binâ’î, vol.2 pp56-57.

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